FEMINÆ par Latrapazar

La féminité c’est compliqué. C’est un concept qui se vit, qui se sent, qui se pense, qui s’admire. « Les multiples prédicats qu’on voudrait utiliser se contrediraient de telle manière que seule la femme le supporterait » dit Kierkegaard. Alors, si on la contemplait ? Car c’est beau de se sentir femme, d’aimer la femme, de parler de la femme.

Pauline Hervault vit à Paris et fait de la photographie. Elle a déjà répondu à nos questions sur Latrapazar et aujourd’hui c’est nous qui parlons de son nouveau projet…

FEMINÆ est une observation par la photographie et les mots. Aucun jugement n’est porté. C’est une exploration sensitive, idéologique, empirique…comme la féminité elle-même. Ce sont des hommes et des femmes qui en parlent. Ils ont l’air heureux et parfois désorientés d’avoir à mettre des mots dessus.

La féminité est un caractère intrinsèque à l’Homme. Elle induit la vie, habite les corps, les pensées, les comportements de façon plus ou moins directe. Simone de Beauvoir disait que « la mère est la racine enfoncée dans les profondeurs du cosmos et qui en pompe les sucs, elle est la fontaine d’où jaillit l’eau vive qui est aussi un lat nourricier, une source d’eau chaude, une boue faite de terre et d’eau, riche de forces régénératrices ». Elle est si présente qu’elle en devient évidente. Mais si on l’invoque, si on la questionne, qu’est ce qui en ressort? Comment chacun d’entre nous se l’approprie?

« Je crois que j’associe le sentiment de féminité à celui d’être vivante » dit Chloé dans un geste langoureux. «  Je ne saurais dire si elle m’est innée comme la respiration ou si elle me vient d’ailleurs » se demande Adélaïde, pensive. Le regard au loin, Alban conclu son propos en ces termes : « elle se retrouve dans chacun d’entre nous ». La mystérieuse Jeanne s’exprime en vers, son ombre nous murmure « peu importe les voiles, en dessous se trouve les courbes et sur ces courbes, tes mots ». « Je savoure cet amour et cette sensibilité qui me fait vibrer » s’esclaffe Victoria, le visage en extase.

Les images communiquent l’émotion des mots. Les photographies de Pauline ont cette force. Elles nous parlent. Ce sont des éclats, des rires, des regards ou des poses qui répondent aux propos. Ce lien il est plus ou moins palpable, on l’effleure ou on le touche du bout du doigt.

Cette série n’a pas vraiment d’âge. La notion du genre féminin évolue peu à peu mais son ressenti a une facette universelle. « A travers elle s’accomplit sans trêve le passage de l’espoir à l’échec, de la haine à l’amour, du bien au mal, du mal au bien. » expliquait déjà Simone de Beauvoir. Elle n’est ni complètement noire ni totalement blanche. Comme les photographies, elle est ambivalente et indatable.

FEMINÆ est un humble constat. C’est un souffle de douceur. Une poésie qu’on peut se repasser un soir au clair de lune.

Tendrement,
Clémentine Picoulet,
Le Beau Bug

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