Enter The Void de Gaspard Noe

Enter the Void: Bienvenue dans le vide, le vide de la vie humaine. Egarés à Tokyo, Oscar et sa soeur Linda survivent comme ils peuvent: l’un est dealeur, l’autre strip-teaseuse. Unis par un amour indéfectible, ils se sont jurés protection et fidélité. Et lorsqu’Oscar est touché par balle, son esprit refuse de quitter le monde des vivants pour honorer la promesse faite à sa soeur…

Sorti en 2010, 8ans après IrréversibleGaspard Noé, l’enfant terrible du cinéma français, revient avec un film hypnotique, profondément émouvant et fascinant. Entouré des meilleurs collaborateurs, dont l’équipe des effets visuels de Matrix, les Daft Punk pour les effets sonores et bien d’autres, il signe une oeuvre unique, virtuose et révolutionnaire, portée par une actrice éblouissante: Paz de la Huerta.

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On peut séparer ce film en 2 parties : la première avant la mort d’Oscar, où la caméra le suit à la 3ème personne ; la deuxième après la mort d’Oscar, où son esprit tournoie au-dessus des vivants.
Le film commence comme une expérimentation visuelle brillante, d’ailleurs issue des trips de Gaspar Noé sous hallucinogènes et d’influences cinématographiques telles que l’oeuvre de Kenneth Anger  (notamment Inauguration of the Pleasure Dome (1954)). Le film entier est un trip visuel, que ce soit dans les rêveries sous DMT d’Oscar ou dans ce Tokyo nocturne aux allures de flipper géant. C’est là une indéniable qualité du film.

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Gaspar Noé est un génie. A chaque film il étonne, surprend, innove alors que pour d’autre il dérange ou dégoute. Cette fois encore il nous plonge dans une expérience visuelle et sensorielle hors du commun. Difficile d’expliquer ce que l’on ressent devant un tel ovni cinématographique. Comme une descente en enfer, un long trip psychédélique dont on ressort chamboulé, déstabilisé et perturbé. Le réalisateur reste très « sensoriel » dans sa manière de filmer, mais là où Irréversible utilisait l’expérimentation visuelle pour servir l’histoire, Enter the Void semble laisser libre cours à une imagination visuelle débridée au détriment de l’intrigue.

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Le film impose très difficilement son rythme, surtout en « 2ème partie » où il faut suivre longuement la caméra au hasard des rues de Tokyo et des tribulations des protagonistes. L’intérêt ? Avoir une vision de l’au-delà tel qu’Oscar le conçoit, lui qui quelques minutes avant de se faire tirer dessus apprenait la théorie de la réincarnation. Un projet intéressant que celui de filmer l’au-delà tel que l’on peut le « vivre », mais un projet si ambitieux qu’il flirte avec la prétention. C’est l’un des défis technologiques les plus fous jamais tentés à tel point que le film sera comparé à Avatar du point de vue de l’innovation technique.

Difficile d’en parler donc, il faut juste le voir pour s’en imprégner, le vivre, le ressentir…ou pas. Il est vrai que c’est le film le moins abordable de Noé. Il restera sans doute hermétique à la plupart des spectateurs. Mais ce film reste l’une des plus grandes expériences cinéma, onirique et irréelle… En fait impossible de l’expliquer, il faut juste le vivre…et Entrer dans le vide.

Enter the Void vaut donc par sa richesse visuelle et sa présentation en beauté de la vie et du destin de deux êtres humains. Il fait parfois penser à The Tree of Life (Terrence Malick, 2011) dans le ton et le thème qu’il aborde, tout en restant plus rock’n’roll.

Le Beau Bug vous invite dans ce voyage psychédélique ultime qui va vous mettre une claque surtout si vous oubliez d’être sobre..

Et voici en bonus les réactions de Vincent Cassel et Jan Kounen, ainsi que d’autres spectateurs en sortant de la projection parisienne du film:

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