Django de Quentin Tarantino

Après s’être attaqué aux films de gangsters psychopathes d’héroïnes vengeresses ou de « basterds » scalpeurs de nazis, Quentin Tarantino s’éprend pour les esclaves affranchis. C’est ce dont il est question dans Django unchained un western spaghetti sauce Tarantino qui vous réconciliera avec les cowboys. En effet, nous voici plongés dans les fondations de l’identité américaine sous fond de traite des noirs. Django, un esclave noir incarné par Jamie Foxx , va devenir le partenaire d’un chasseur de prime ; incarné par le plus que brillant Christoph Waltz . Cette alliance déjantée va avoir pour but de retrouver la bien-aimée de Django ; incarnée par la charmante Kerry Washington ; des griffes de son négrier l’extravagant Mr Candy, tenu par Leonardo Dicaprio. Cette entreprise héroïque ne trouvera son chemin qu’à coups de révolver et autre dynamite. En bon roi du cinéma d’auteur post-moderne le réalisateur de Pulp Fiction nous offre une vision assez démesurée de l’esclavage des noirs américains. Il n’en est pas à son galop d’essai, ce genre de défi historico-pop insensé était à l’œuvre dans son dernier film Inglourious Basterds. De façon plus funky que son prédécesseur Django unchained va vous redonner goût à l’histoire.

Script carburant à la joute verbale et au coup de théâtre, plans saturés de violence graphique, rythme azimuté, dose d’humour grinçant, bande son en forme de partouze transgenres : En d’autres termes du cinéma jubilatoire. La mise en scène est d’une maitrise parfaite, les acteurs sont à leur plus haut niveau, un Jamie Foxx tout en sobriété tenant le premier rôle à merveille, un Christoph Waltz au panache insolent, un Leonardo Dicaprio pour la première fois dans le rôle du méchant ou encore un Samuel L Jackson en domestique indompté.

 Malgré ce génie créatif la sortie de Django unchained a soulevé une polémique au Etats-Unis. En effet, le terme « nigger » que l’on peut traduire par nègre est utilisé en abondance dans le film et cela à entrainer un certain boycott du film, en particulier le réalisateur Spike Lee s’est trouvé choqué en invoquant la mémoire de ses ancêtres. Cette polémique a eu un effet moindre.

Les inspirations de Tarantino pour ce film réside principalement dans les vieux westerns spaghetti de Sergio Leone, RioBravo et bien sur Django de 1966 de Sergio Corbucci qui ne fût pas un franc succès à l’époque. Cette aspiration aux westerns spaghettis ne date pas d’hier en effet déjà la saga Kill Bill en portait la marque. Par ailleurs Quentin Tarantino avait prévu pour le rôle de Monsieur Candy une personne bien plus âgée que Léonardo Dicaprio mais ce dernier a insisté auprès du cinéaste en montrant son intérêt pour le rôle, Tarantino y trouva son compte car un acteur plus jeune donnait du corps au personnage d’autant plus qu’il s’agit de l’irréprochable Léonardo Dicaprio.

Que dire de plus si ce n’est courrez voir ce film dans la salle la plus proche de chez vous et délectez vous de ce petit bijou cinématographique sans oubliez de vous procurer en sortant de la bande originale du film qui comprend des musiques allant de James Brown, John Legend ou encore Ennio Morricone.

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