Deephan de Jacques Audiard

Retour sur un film qui nous a échappé. En 2015, Jacques Audiard fut récompensé de la Palme d’Or (la plus haute distinction du festival) avec un film pas forcément validé par la majorité, Deephan. Il y a quelques jours on a enfin pris le temps de le regarder, et comme à son habitude, Mr Audiard ne nous a pas déçus.

Synopsis : Fuyant la guerre civile au Sri Lanka, un ancien soldat, une jeune femme et une petite fille se font passer pour une famille. Réfugiés en France dans une cité sensible, se connaissant à peine, ils tentent de se construire un foyer.

Dans un pays où les clichés de la banlieue se font nombreux, Jacques Audiard n’y va pas de mains mortes pour nous le rappeler. Pour accentuer ces a priori, le film met en avant les difficultés d’insertion d’un individu, dans un pays qu’il ne connait pas, suite à un lourd traumatisme, dans ce cas précis, la guerre civile. En effet Deephan interprété par Antonythasan Jesuthasan tente de trouver sa place dans une cité dangereuse où la délinquance fait rage. Là où certains s’affoleront de la morale du film, nous avons essayé de l’interpréter différemment. Ce que le réalisateur a (selon notre point de vue) essayé de nous transmettre est plus qu’un simple résumé des conditions sociales entre la France et l’Angleterre mais plutôt un fait réel de notre société actuelle, sur le simple fait que certains endroits sont plus faciles pour s’en sortir que d’autres.

À la différence de ses films précédents et même suivants, le réalisateur a fait un choix fort, celui de travailler avec, pour les premiers rôles, des acteurs non professionnels. Bien qu’il soit familier avec le sujet, Antonythasan Jesuthasan dont l’histoire du film se rapproche de ses expériences passées, n’a jamais joué dans un film auparavant. Et pour Kalieaswari Srinivasan, c’est une grande première aussi sur le grand écran même si l’actrice a un passif sur la scène théâtrale. Pour ce qui est de la petite Claudine Vinasithamby, on n’en sait pas plus mais il y a des chances de la revoir bientôt suite à sa superbe performance.

Vous vous dites surement, “hein”, “quoi”, “Nicolas Jaar“. Et oui suit à une longue collaboration avec Alexandre Desplat, Jacques Audiard donne les rênes à Nicolas Jaar pour sa première BO, un geste de confiance qui ne nous étonne pas.

Pour conclure, la tension dégage une forte empathie envers cette famille qui tente tant bien que mal de s’en sortir et nous laisse réfléchir tant sur le côté psychologique que sociologique face aux difficultés de trouver une vie simple, rien que ça.

Date de sortie : 26 août 2015
Durée : 1h55
Genre : Drame
Nationalité : Française
Réalisateur : Jacques Audiard
Interprètes : Antonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan, Claudine Vinasithamby
Bande-Annonce :

Tendrement,
Le Beau Bug

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