Comment je me suis disputé…(Ma vie sexuelle) d’Arnaud Desplechin

La sortie récente en DVD  de Trois souvenirs de ma jeunesse d’Arnaud Desplechin, nous a donné envie de nous pencher sur ce qui semble être son prequel, du moins partiellement: Comment je me suis disputé…(ma vie sexuelle) sorti en 1999, présenté à Cannes et nommé aux Césars la même année.

C’est quoi Comment je me suis disputé…(ma vie sexuelle)  Et bien on suit les péripéties de Paul Dedalus, maitre assistant à la fac de Nanterre, perdu entre les femmes et ses ambitions personnelles. Honnêtement, ça ne sert à rien d’en dire plus, non pas car le film est d’une simplicité absolue, bien au contraire d’ailleurs ! On en profite pour s’excuser tout de suite: présenter un film de Desplechin en trois paragraphes sans rien oublier c’est compliqué, même très compliqué mais il faut bien essayer.

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Ce film a dans son titre quelque chose de peu commun, on l’imagine plus facilement sur la couverture d’un roman que sur une affiche. Et pourtant, il est bien là. Arnaud Desplechin est souvent considéré comme le plus romanesque des cinéastes, étiquette à double tranchant mais qui se justifie presque dès les premières minutes du film. Lorsqu’on découvre cette voix off, personnage à part entière du film, on pense à un narrateur au fil des descriptions sur le personnage de Paul et ses amis.  Oui, oui,oui! Desplechin aime le texte et il nous le fait aimer, Comment je me suis disputé…. a son héros générationnel: le réalisateur signe, pour son deuxième long métrage seulement, une fresque existentielle sur une époque, à l’image du Ulysse de James Joyce, en poussant un peu loin. On dirait que Desplechin à signé sa Confession d’un enfant du siècle à l’aube du 21ème.

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Le cinéma de Desplechin est représentatif d’une certaine névrose qu’il insuffle à tous ses personnages avec une subtilité que beaucoup envient. Un entretien entre Philippe Garrel et Arnaud Desplechin illustrait l’opposition de leurs films: le premier associé à la peinture, tout est épuré, minimaliste, alors que l’autre penche vers celui de l’écrivain, maniant l’art de l’accumulation, de la complexité, presque de la saturation. Il est vrai qu’à première vue cela peut rebuter les spectateurs, peut-être perdus entourés de toute cette cérébralité. Mais on arrive tout de même à respirer, à l’image des films de Truffaut qui fascinent encore aujourd’hui Desplechin.

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Comment je me suis disputé… c’est aussi une révélation. Si aujourd’hui on ne s’étonne et on ne s’ennuie pas d’apercevoir Mathieu Amalric dans tous types de films, sachez que c’est probablement grâce à ce film, qui lui a valu le césar du meilleur espoir, qu’il s’est fait un nom. Il dit lui même qu’Arnaud Desplechin l’a révélé entant qu’acteur, ce à quoi le cinéaste répondit: “c’est aussi lui qui m’a révélé comme réalisateur”.

Voilà, c’est court, trop court sûrement, tant de chose à dire! On conclura en disant qu’Arnaud Despplechin est un des réalisateur qui a le mieux compris ses personnages, créant son propre langage, posant ses idée avec justesse et maitrise. D’ailleurs, si vous êtes un inconditionnel de son cinéma, sachez que le réalisateur devient metteur en scène à la Comédie Française en ce moment avec une pièce d’August Stindberg.

A voir par curiosité, à revoir par amour.

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