Cobain – Montage of Heck de Brett Morgen

Le documentaire inédit sur une des plus grandes célébrités du rock comme nous ne l’aurions jamais imaginée.
Dur de se retenir d’écrire un article sur Cobain pour la rubrique Claque Son après ce film…

Brett Morgen nous immerge ici au plus profond de l’âme torturée du génie qu’était Kurt Cobain. Jamais on ne s’est senti aussi proche d’un artiste, jamais on n’a vu une telle objectivité concernant une star interplanétaire. Loin de tous les artifices de la célébrité, le réalisateur nous montre sans concession les moments les plus intimes, les plus beaux mais aussi les plus trash de la vie du musicien.

Alternant entre des témoignages poignants de ses proches et des images d’archives, non pas de médias vues et revues, mais de ses parents, des ses amis et de l’amour de sa vie, Courtney Love, dévoilant les meilleurs moments comme les pires, B.Morgen ne passe pas par quatre chemins. Il nous montre la vie brute telle que le chanteur l’a vécue. Disposant également de quasiment tous ses carnets de notes et de nombreux de ses dessins, on passe littéralement 2h25 dans le corps et l’esprit de l’artiste dévoré par sa sensibilité, impuissant face à la dureté des épreuves de la vie.

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Sa fille, Frances Bean Cobain, co-productrice du film qui a donné libre-accès à toutes ces archives, a clairement annoncé la couleur : « J’ai été claire avec le réalisateur, je ne voulais pas du romantisme ou de la mythologie qui entoure Kurt ». Pas de vision faussée, juste la pure et dure vérité. La vérité d’un homme sur-sensible, dont la famille et la musique sont toute sa vie, qui sans le vouloir s’est vu plonger dans le gouffre du vice et du scandale. Les médias et leur vampirisme, leur désir de s’emparer du moindre scoop sont ici dénoncés comme l’une des principales causes de la descente aux enfers de l’artiste.

Sur une BO forcément transcendante, le réalisateur nous confirme son génie lorsqu’il remplace des images réelles dont il manque, sur l’adolescence de Cobain principalement, par le dessin animé.

Bouleversant, déroutant, pénétrant, Brett Morgen nous offre un joyau, un puits d’émotions qui ne nécessite pas d’être fan du groupe Nirvana ni du personnage du chanteur pour s’y intéresser, mais seulement et simplement d’être humain.

A voir et à comprendre.

Tendrement.