Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur Dali sans jamais oser le demander

The MASP Art School pour le DDB musée à Sao Paulo

Avez-vous déjà vu un tableau de Dali? Ou encore un de ses films, une de ses photographies? Ne vous êtes-vous jamais demandé comment le peintre de renom a pu avoir des idées aussi déroutantes ? Quels événements ont-ils bien pu le marquer ? Que s’est-il donc passé dans son enfance… ?

Suite à plusieurs recherches et à la lecture de son livre, La vie secrète de Dali, écrit par Salavador Dali lui-même, le Beau Bug vous dévoile des anecdotes les plus croustillantes les unes que les autres. De quoi remplir vos conversations mondaines avec des histoires un peu moins chiques. Avec ces potins se révélant totalement fous, tout droit sortis d’un rêve nous pourrions même nous demander si Dali ne se trahit pas lui-même. Son œuvre ne nous révélerait-elle pas un peu de mythomanie, de mégalomanie ou même de schizophrénie ?  Toutefois loin d’une étude psychanalytique dalinienne, découvrez ici les faits cachés de la vie d’un « génie »….

ENFANCE TOURMENTEE

Il est clair que, portant le même nom que son frère décédé trois ans plus tôt, Dali n’arrivait déjà pas sur Terre avec des facilitées. Traité par la suite comme un roi, il s’est vite aimé, à l’âge de sept ans il se vouait effectivement un culte à lui-même. Dali, dans son livre ouvert, nous confie ses délires sados masochistes d’enfant n’ayant pourtant pas encore « croqué dans la pomme » (détails à suivre). Pour en rajouter encore une petite couche, l’artiste contractait certains problèmes de santé le faisant continuellement saigner du nez. Serait-ce donc la cause de ses hallucinations (ou faux souvenirs) ? « De sept à huit ans je vécu sous l’emprise du rêve et du mythe. Plus tard il m’a été impossible de démêler le réel de l’imaginaire. » (La vie secrète de Dali par Dali). L’enfant solitaire nous confie ensuite qu’il lui est arrivé de faire semblant d’être un peu fou, s’est-il arrêté au bon moment… ? Enfin, tous les écrits que vous pourrez lire sur le peintre vous répèteront la même chose et Dali nous le certifie lorsqu’il annonce le décès de sa mère comme un fait très marquant dans sa vie.

MEGALOMANIE

Dali ne serait pas Dali s’il n’avait pas parlé de lui à la troisième personne. Le livre cité ci-dessus nous fait d’ailleurs vite rentrer dans le vif du sujet avec ces quelques lignes « Suis-je un génie ? A six ans je voulais être cuisinière. A sept ans Napoléon. Depuis, mon ambition n’a cessé de croître comme ma folie des grandeurs. » (La vie secrète de Dali par Dali).  Se désignant lui-même de « génie », de « fils prodigue », de « petit roi » Dali semble coller avec le portrait hyper stéréotypé des artistes s’auto adorant. « Ö Salvador Dali tu le sais maintenant ! Si tu joues au génie tu le deviens ! » Se-répétait-il souvent ! Un exemple plus probant et particulièrement humoristique nous relate même que le jeune peintre, tombé sur un sujet qu’il maîtrisait plus que quiconque lors d’un examen des Beaux-Arts, a rétorqué au jury qu’il refusait de parler, se considérant plus intelligent que les trois personnes réunies. En ce qui concerne la peinture, l’artiste n’a jamais eu aucuns doutes sur son talent, refuse d’obéir à un professeur d’art et se définit même «d’avant-gardiste ». Tandis ce que les autres en étaient encore à l’impressionnisme (courant que lui, Dali avait expérimenté à 9ans) le peintre était déjà en train de peindre du cubisme.

 

SURRÉALISME

Impossible de parler de Dali sans évoquer le surréalisme. Mouvement artistique qui a essentiellement débuté dans les années 20, il peut être perçut avant tout comme une révolte psychique, un lâché prise total après les horreurs de la guerre, un moyen d’évacuer l’inconcevable. Les surréalistes étaient en d’autres termes les hippies de l’entre-deux guerres.  Ils se réunissaient d’ailleurs régulièrement dans leurs bâtisses espagnoles entre amis. Cercle fermé où les couples se mélangeaient sans tabous sexuels. Le surréalisme, avant d’être un mouvement artistique, se révèle être un courant de pensée libre. Un mode de vie qu’André Breton nous explique comme un « Automatisme psychique pur par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. » (Le manifeste du surréalisme par André Breton). Etat d’esprit que Dali semble vivre depuis son enfance, comme s’il était voué à être un des leurs…

SADISME

Le sadisme, mot éponyme, venu tout droit du Marquis de Sade est un des critères essentiels du surréalisme et Dali l’applique évidemment sans aucuns scrupules. A 5ans il pousse un garçon plus petit que lui d’un pont de 4 mètres, à 6ans il « shoot » sauvagement dans la tête de sa petite sœur, à 29 ans il écrase avec son pied et jusqu’au sang une jeune fille. Néanmoins il semblerait que ses actes s’apaisent avec l’âge. Il nous raconte néanmoins que lors de son adolescence il prit goût à tenir en « esclavagisme sentimental » une fille folle amoureuse de lui. Quand il fût jeune adulte il demandait de l’argent à ses admirateurs jusqu’à les ruiner. Un jour, lorsqu’un artiste désespéré vint lui demander un peu de réconfort, il lui donna comme solution d’aller se suicider et lui proposa même de lui fournir une corde. Sacré Dali !

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Popcorn Nude, 1949, avec David Halsman

 

ABSURDITE

Dali ne serait toujours pas Dali sans son absurdité assumée… Proches des anecdotes d’un enfant de 4ans, le peintre, lui, n’a cessé de découvrir le monde à sa façon. A l’école il stipule une phobie des sauterelles jusqu’à se faire renvoyer, au collège il ne prend pas les escaliers mais les saute à chaque fois pour s’écraser à terre, à la campagne son maître le surprend en train de verser un saut de maïs sur son corps nu dans un champ. Il raconte également s’adonner au « rite de l’olive », consistant à se coincer une olive dans la narine, courir le plus vite possible jusqu’à ce que le fruit soit expulsé et délivre son jus « si goûtu ».  Mais il se souvient aussi avoir trouvé un sceptre (enfin une canne….) et s’être mis dans la tête de toucher les seins d’une femme avec, s’être coincé la tête dans un saut à cause d’une fâcheuse chute et d’avoir certifié inventer le « contre sous-marin ». Mais ça ne s’arrête pas là, le génie, au lieu de délivrer un discours lors d’une conférence pour soutenir la révolution, hurle au public « vive l’Allemagne, vive la Russie ! ». Par la suite, d’un âge déjà bien avancé Dali nous confie s’être beurré le visage de vernis à peinture, se retrouvant donc obligé de se badigeonné de térébenthine.

REVOLTE

Auparavant évoquée ci-dessus, la révolution par la provocation est un des moteurs du surréalisme. Le peintre ne fait pas exception à la règle et y consacre une partie de sa jeunesse. Il lui est donc arrivé d’aller en prison pour avoir contredit un jury mais aussi d’avoir monté des groupes d’artistes pour la révolte. Tout cela se passant durant sa vie de dandy avec son entrée à l’école des Beaux-Arts. Ecole d’où il fût vite renvoyé pour son manque d’assiduité et de travail en cours. Enfin la cause pour laquelle Dali se bat peut nous paraître un peu flou, un mélange de plaide pour l’anarchie et la monarchie…

VIE DE DÉSIR ET PLUS SI AFFINITÉ…

Une majeure partie des tableaux de l’artiste portent une évocation sexuelle plus ou moins explicite, mais qu’en est-il dans la vie réelle du peintre ?

Au cours de son enfance l’artiste relate qu’il fût éperdument attiré par un camarade de classe russe : Butchacas. Un peu plus tard il nous confie que lorsqu’il découvrit la masturbation, ce qu’il appelait « cela », il s’y adonna tous les dimanches en cachette et avec honte dans ses toilettes. Avant de rencontrer  la fameuse Gala il voua un culte total à Dullita, jeune fille dont il n’avait vu que le dos. Proche de l’obsession qu’il exerça ensuite pour Gala il y pensa nuits et jours jusqu’à espérer voir l’ombre de la fillette  passer sur le plafond de sa chambre à travers les volets. Par la suite et durant ses études aux Beaux Art, l’artiste découvrant tout fraichement la liberté, n’avait qu’une idée en tête : faire « son Persifal », soit user de ses charmes pour que les filles s’offrent à lui. Technique qui n’aboutit pratiquement qu’à des échecs. Après ses nombreuses péripéties, il finit par rencontrer Gala… Jeune muse qui était à l’époque la compagne de Paul Eluard. Dali, dans son autobiographie, nous confie qu’il lui était arrivé de la voir, durant ses hallucinations enfantines, sous le nom de Galutchka. Quelle que fût la nature de leur relation au début, le peintre eut des envies meurtrières à l’encontre de la femme. Envies meurtrières telles que  la jeter d’une falaise, de l’étrangler et bien d’autres… Désir qui lui passa radicalement lorsque Gala, elle-même, lui demanda de la tuer. A cet instant-là, Dali n’en ressentit plus jamais le besoin …

Abraham Lincoln, 1975

Abraham Lincoln, 1975

Comme une impression de suivre un rêve éveillé, la vie de Dali nous embarque dans un monde plein de surprises. Sa folie semble aller de pair avec ses œuvres, l’une inspirant l’autre et réciproquement. Et il y a un peu (mais juste un peu) de Dali en chacun de nous. L’enfant Salvador qui n’a jamais grandi révèle à son public des sentiments, des délires, des pensées exprimés à l’extrême. Se présentant alors comme un moyen de refoulement l’artiste nous régale de son humour, son goût du beau, sa vision unique et son talent de peintre. Il existe encore des lieux à visiter près de chez vous ! L’artiste survit à travers ses nombreuses résidences, ses musées espagnoles et ses œuvres diverses et variées que le Beau Bug vous invite à découvrir, si ce n’est pas déjà fait… Fraicheur et surprises assurées !

Tendrement,
Clémentine Picoulet,
Le Beau Bug