Call Me by Your Name de Luca Guadagnino

Impossible d’être passé à côté de Call Me by Your Name, acclamé par la presse puis le public et récompensé aux Oscars avec le prix du meilleur scénario adapté pour James Ivory. Luca Guadagnino termine en beauté sa trilogie du désir, après Amore (2009) et A Bigger Splash (2015) : fiction dramatique et épicurienne, Call Me by Your Name raconte bien plus qu’une histoire d’amour, c’est une véritable ode à la vie. 

Synopsis : Été 1983 en Italie du nord. Elio, adolescent mélomane, passe ses vacances dans la magnifique demeure familiale, entouré de ses amis, du personnel et de ses parents polyglottes. Il voit son quotidien chamboulé par l’arrivée d’Oliver, élève de son père (historien spécialisé en culture gréco-romaine) venu directement des États-Unis pour passer l’été avec à leurs côtés.  

© Sony Pictures Classics

Sensorialité augmentée

Est-ce le fait de tomber amoureux, qui plus est pour la première fois, qui exacerbe toutes les sensations ? Est-ce le résultat des conditions idylliques de cet amour de vacances ? Quoi qu’il en soit, la caméra magique de Luca Guadagnino tourne autour du duo principal, et nous happe, simples spectateurs, au centre de la fiction. Entre contemplation, voyeurisme et ravissement, on assiste aux premières braises d’une passion naissante. 

© Sony Pictures Classics

C’est aussi un film profondément sensoriel sous tous les aspects : le goût lors de repas qui s’éternisent, l’odeur des arbres fruitiers, le son d’une musique sur laquelle on danse au milieu de la nuit, la vision d’une statue grecque, le toucher d’une peau… de pêche. Une atmosphère très forte et propre au film, qui prend parfois le dessus sur la narration, pour le meilleur. En sortant de la salle de cinéma, on pourrait presque sentir la chaleur du soleil sur notre peau.

Le sens sous-jacent

Elio et Oliver, incarnés magnifiquement par Timothée Chalamet (Lady Bird, Hostiles…) et Armie Hammer (The Social Network, The Man from U.N.C.L.E. …) ne succombent pas au coup de foudre : c’est leur apprivoisement mutuel, les prises de risques qui font battre le coeur un peu plus vite et leur mots parfois hésitants qui rapprochent leur histoire du réel. Une histoire belle mais jamais simpliste. 

© Sony Pictures Classics

© Sony Pictures Classics

Les dialogues, souvent anecdotiques, sont ponctués de tirades profondes et rappellent que leur omniprésence n’est pas obligatoire. Ici, c’est même ce qui n’est pas dit qui a le   plus d’importance, le sous-entendu est bien plus parlant que la parole elle-même. 

La cerise sur le gâteau, c’est cette bande originale signée Sujfan Stevens et le retour joyeusement régressif de plusieurs tubes des années 80.

Épicurien et engagé ?

Call Me by Your Name, où le remède tant attendu à cette fin d’hiver, comme une envie de boire du jus d’abricot, de voir les nuits s’écourter et de tomber amoureux… Un film magnifique et pourtant censuré en Tunisie et Chine. Le paradoxe nous le rappelle, nous sommes bien en 2018.

Une suite de l’oeuvre devrait peut-être voir le jour. Cette fois-ci, on retrouverait les personnages des années plus tard et il serait notamment question de ne pas ignorer le SIDA et les impacts dramatiques de la maladie dès le milieu des années 80.

 

Fiche Technique
Sortie : 28/02/2018
Durée : 2h10
Pays : Italie, États-Unis, Brésil, France
Genre : Drame romantique
Réalisation : Luca Guadagnino
Interprétation : Armie Hammer, Timothée Chalamet, Michael Stuhlbarg, Amira Casar, Esther Garrel
Production : Frenesy Film Company, La Cinéfacture, RT Features, Water’s End Productions
Bande Annonce :

Tendrement,
Juliette L,
Le Beau Bug.

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