Bush, le nouvel album de Snoop Dogg

Le duo Pharell Williams/Snoop Dogg a encore frappé ! Voilà le nouvel album de Snoop Dogg qui débarque dans nos oreilles, pour une nouvelle dose de cool à injecter en intraveineuse. Les deux artistes n’en sont pas à leur coup d’essai, souvenez-vous de Let’s Get Blown ou Beautiful. Avec le succès du rappeur et la qualité de son dernier album, vous risquez d’entendre souvent les sonorités G-Funk du nouveau Snoop Dogg. Ce disque baigne dans l’univers funk que l’artiste a côtoyé à plusieurs reprises, notamment avec 7 Days of Funk, duo qu’il formait sous le pseudonyme Snoopzilla avec le musicien de funk moderne, Dâm-Funk d’où émergea un album éponyme.

Intitulé Bush (“Bouisson” en anglais, c’est aussi un terme d’argo aux connotations sexuelles), le treizième album du rappeur quadragénaire est taillé pour le dancefloor estivale. Très dansant, les influences soul et funk déversent un groove inarrêtable qui porte l’empreinte de Pharell Williams. Par moment, on dirait presque un album de Pharell en featuring avec Snoop Dogg

Sur ce disque, Snoop Dogg délaisse le flow nonchalant qui le caractérise pour commencer à chanter. Il ne reste que quelques fragments rappés çà et là. Le tissu sonore du disque est parfaitement cohérent tant les morceaux s’enchevêtrent sans créer une quelconque discontinuité. A noter, l’apparition du plusieurs featuring intéressants sur l’album, Charlie Wilson sur le suave et terriblement funk Peaches N Cream, invoquant les sonorités des années 60-70.

Il y a aussi Stevie Wonder qui est venu prêter main forte à l’harmonica et aux chœurs sur California Roll. La chanteuse Gwen Stefani débarque à son tour sur Run Away. Les rappeurs Rick Ross et Kendrick Lamar interviennent sur le titre I’m Ya Dogg, qui n’est pas des plus captivants malgré les deux artistes, avec ces rythmes anecdotiques et sa pâle intensité. Pharrell quant à lui, pousse aussi là chansonnette la où il le veut, même si sa présence sur l’album se trouve surtout dans les beats de chaque morceau. This City se démarque de l’ensemble, titre uptempo propulsé par une ligne de basse et quelques synthés faisant pleuvoir des rythmes entraînants qui séduisent !

L’esthétique seventies n’a rien d’un hasard, l’album s’articule presque comme un hommage aux musiques et aux films de l’époque. Il est imbibé de références qui sont à la fois agréables et pesantes par moment. On y reconnaît l’imagerie de Quentin Tarantino ou Robert Rodriguez, eux-mêmes enfants lorsque cette esthétique s’est répandue dans nos sociétés. Empreint de nostalgie, le disque touche car il ranime avec brio les sonorités et images d’un autre temps.

Bush sonne le rappel du meilleur de la musique funk américaine de ces dernières décennies. Snoop Dogg et Pharell Williams y cherchent les éléments d’une synthèse hip-hop groove à la fois pop et funk, moderniste et imparable. Que ceux qui cherchent des sons indé passent leur chemin. Bush est un album qui fait bien le boulot, séduisant et pleins d’attraits mais dénué de prise de risque. Le résultat est là, un disque calibré, sans innovation mais très efficace pour faire danser le temps d’un été.

Tendrement, Le Beau Bug.