BlacKKKLansman par Spike Lee

Véritable biopic, l’intrigue principale de BlacKKKlansman est celle de l’enquête d’un officier de police américain noir qui parvient à s’infiltrer au sein même du Ku Klux Klan, par le biais d’un certain nombre de manigances et subterfuges plus ou moins grossiers. Pendant 2 heures et 16 minutes, le spectateur suivra cet agent plongé au beau milieu d’une Amérique des seventies hostile et raciste. L’histoire se déroule sur fond de lutte raciale et de véritables problématiques faisant écho à l’Amérique de Trump, le tout présenté de manière plus ou moins comique mais très engagée, avec des références cinématographiques, littéraires, historiques dans tous les coins. Bref, un film de Spike Lee. 

BlacKKKlansman est l’adaptation du livre écrit par le véritable agent qui a mené cette enquête en 1978. Il s’agit de Ron Stallworth, premier officier Noir américain du Colorado Spring Police Departement. Exaspéré par le comportement raciste de ses collègues envers lui, il réussit à intégrer le Klan dans le but d’enquêter sur le groupe suprémaciste blanc le plus dangereux du pays. Au cours de cette enquête, il réussit à travers des conversations téléphoniques à se faire passer pour un extrémiste et convainc même le «Grand Sorcier» David Duke de cette double identité. Cependant l’enquête devient de plus en plus dangereuse lorsqu’il doit assister à des réunions du groupe et qu’il demande alors à son collègue juif Flip Zimmerman de prendre sa place, le but étant de neutraliser le groupe qui s’apprête à diriger une action extrêmement meurtrière.

Le film est une adaptation du récit que Ron Stallworth fait de son enquête policière, intitulé Le Noir qui infiltra le Ku Klux Klan. Le réalisateur Spike Lee déjà auteur de films comme Malcolm X révèle ainsi en septembre 2017 le choix d’une adaptation cinématographique comme producteur et réalisateur en compagnie de Jordan Peele. En tant que réalisateur très engagé pour la cause identitaire noire et militant en faveur d’une discrimination positive de la population afro-américaine, son choix n’est pas très étonnant. L’acteur John David Washington, déjà apparu dans Malcolm X est alors pressentie pour incarner le rôle principal. À ses côtés, Adam Driver (star montante d’Hollywood révélé dans la série Girls aux cotés de Lena Dunham), Laura Harrier (vue auparavant dans Spider-Man: Homecoming) ou encore Corey Hawkins ou Topher Garce pour incarner le rôle du fameux chef du Klan, David Duke. L’apparition d’un militant et chanteur noir américain fait également forte impression dans l’une des scènes finales, c’est donc Harry Belafonte, le militant en question, qui, au beau milieu d’une réunion activiste pour la cause des Noirs, fait le récit du lynchage de Jesse Washington en 1916. Il y est alors question d’un autre film La Naissance d’une nation  de D.W Griffith, on vous l’avait dit ce film est bourré de références.  

La photographie est dirigée par Chayse Irvin et la musique par Terrence Blanchard qui a collaboré plus de 20 fois avec Spike Lee avant BlacKKKlansman. Dans le film figure la reprise d’un négro spiritual de Prince « Mary Don’t you weep » datant des années 1980. Cette chanson est suggérée à Spike Lee par Troy Carter, ancien collaborateur de Prince (et qui soi disant en passant était un très bon ami de Spike Lee) pensant qu’elle serait « la chanson qu’il te faut ». On retrouve tout un tas d’autres musiques comme « Say it loud – I’m black and I’m Proud » de James Brown ou bien « Oh Happy Day » de The Edwin Hawkins Singer. Comme on peut le constater la bande-son de ce film est très riche et très variée et occupe une place importante dans le visionnage du film et dans la logique des vidéos en faveur de la lutte raciale.

BlacKKKlansman c’est donc la véritable histoire d’un afro-américain qui face au racisme des WASP et autres américains noyés dans la vague raciste et anti-afro américaine qui règne aux Etats-Unis, décide d’agir à sa manière et le film rend ici un bel hommage à ce courageux officier. De plus Spike Lee ne se contente pas de filmer un simple biopic, il en fait une arme politique qui attaque directement la politique de Trump et s’interroge sur le sort actuel des noir américains aux USA en ,se clôturant sur les vidéos de l’attentat de Charlottesville. Film engagé depuis la début, avec un extrait de Gone with the Wind  pendant la guerre de Sécession, jusqu’à la fin qui se fait plus ou moins ouverte mais qui permet une mise en relation avec notre époque actuelle, ce film est définitivement une pépite. 

Fiche Technique :
Sortie : 22 août 2018
Durée : 2h 16 min
Format : couleur, Dolby Atmos
Pays : Etats-Unis
Réalisation : Spike Lee
Interprétation : John David Washington, Laura Harrier, Adam Driver, Topher Grace, Corey Hawkins,  Ryan Eggold
Production : Blumhouse Productions, Monkeypaw Productions, 40 Acres & a Mule Filmworks, QC Entertainment, Legendary Entertainment

Bande annonce : 

Tendrement,
Justine Vial,
Le Beau Bug.

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