Birdman d’Alejandro González Iñárritu

Cette semaine le Calle Ciné vous embarque dans une comédie noire et déjantée, du réalisateur Oscarisé Alejandro González Iñárritu et avec le retour de Michael Keaton à l’écran qui tient ici son meilleur rôle, au côté d’un casting cinq étoiles comportant Edward Norton, Naomi Watts, Zach Galifianakis ou encore Emma Stone. Il s’agit du film aux 4 Oscars, le virevoltant et vertigineux Birdman.

Le pitch : À l’époque où il incarnait un célèbre super-héros, Riggan Thomson était mondialement connu. Mais de cette célébrité il ne reste plus grand-chose, et il tente aujourd’hui de monter une pièce de théâtre à Broadway dans l’espoir de renouer avec sa gloire perdue. Durant les quelques jours qui précèdent la première, il va devoir tout affronter : sa famille et ses proches, son passé, ses rêves et son ego…

Il aura fallu quatre années d’attente pour que l’on retrouve un film d’Alejandro González Iñárritu sur les écrans. Cinquième long-métrage du réalisateur, Birdman prend la relève du très acclamé Biutiful, qui a permis à Javier Bardem de recevoir le prix d’interprétation masculine à Cannes en 2010 et du très réussi Babel.

Ce n’est pas sans raisons que le réalisateur a porté son choix vers Michael Keaton pour endosser le rôle principal. En effet, le parcours de Riggan Thomson est similaire à celui de Keaton, qui a connu la gloire fin des années 1980 début des années 1990 en incarnant le super-héros Batman dans les films de Burton, avant de se faire rare sur les écrans. Conscient de ces affinités, Alejandro González Iñárritu a fait appel au comédien pour le rôle.

Film atypique et inclassable, la mise en projet de Birdman représentait un véritable défi pour le réalisateur mexicain qui a une maîtrise technique incroyable. C’est grand, très très grand. Ce plan-séquence de fou furieux où, la plupart du temps, on ne voit pas comment ils ont fait, ces plans hallucinants qui valent à eux seuls la qualité du film. Sur ce point, Birdman marque une révolution. Hitchcock avait fait un film en un plan-séquence (ou presque), tout comme Gaspard Noé avec son Irréversible  et Alejandro González Iñárritu les rejoint.

Par ailleurs, la dimension surréaliste est omniprésente tout au long du métrage. En effet, l’égo de Riggan est si torturé qu’il a parfois bien du mal à distinguer rêve et réalité. De plus, l’ombre de Birdman, son alter-ego super-héroïque, rôde d’une manière on ne peut plus menaçante. Le cinéaste Alejandro Iñárritu précise : “Birdman est le surmoi de Riggan, et de son point de vue, Riggan fait une énorme erreur en montant cette pièce qui est clairement indigne d’eux. Du point de vue de Riggan en revanche, c’est Birdman qui a perdu la tête. Mais bien sûr, en définitive, ils sont tous les deux à côté de la plaque.”

C’est pourquoi, Birdman se montre techniquement et scénaristiquement être un véritable tour de force. Alors évidemment, parfois on sent bien la démonstration de force narrative et technique pour appuyer le discours Alejandro González Iñárritu qui a beaucoup de chose à dire pour parler du système, de l’industrie dans laquelle il évolue et qui a perdu de son naturel. Mais c’est un exercice fascinant qu’il offre à tous les amateurs de cinéma qui aimeront alors se perdre dans ce film reconnu à sa juste valeur aux Oscars !

Vous l’aurez compris, il ne faut pas passer à côté de cette performance. Le réalisateur de 21 grammes signe ici une oeuvre magistrale, un film à la fois brillant, cynique, drôle et jubilatoire. Le tout porté par une maîtrise technique incroyable. Immanquable !!!


Tendrement,