Better Call Saul

Le dernier épisode de Breaking Bad diffusé le 29 septembre 2013 a signé la fin d’une des meilleures séries de l’histoire du petit écran. Les péripéties de Walter White qu’on suivait depuis plus de 6 ans ont pris fin de façon majestueuse, alors forcément lorsqu’on nous annonce un spin-off qui se concentrera sur l’histoire de l’avocat véreux Saul Goodman avec à la barre le réalisateur Vince Gilligan secondé par Peter Gould, les réalisateurs de Breaking Bad, nous sommes tout ouïe. Better Call Saul a été diffusé pour la première fois le 8 décembre aux États-Unis et est disponible en France sur Netflix. Après avoir vu le pilote, on s’accorde une review, et on peut vous dire avec enthousiasme qu’on adhère déjà.

A peine quelques secondes qu’on retrouve déjà ce qui a fait le succès de Breaking Bad ; une certaine lenteur, une certaine tension qui nous annonce que les événements vont mal tourner. La première scène en noir et blanc nous laisse apparaître Saul Goodman après les événements de Breaking Bad, il est âgé, seul, déprimé et profondément nostalgique de sa jeunesse. Après le superbe générique on retrouve James McGill en 2004, interprété à merveille par l’acteur Bob Odenkrik, il n’est pas encore Saul Goodman mais ça ne serait tarder. Il est avocat bas de gamme et défend des dossiers perdus d’avance depuis son bureau situé dans l’arrière-boutique d’un salon de pédicure tenu par une chinoise. L’homme est déprimé, névrosé et complétement instable ; sa vie est faite de désillusion et de factures impayées. Sa voiture jaune ridicule, son costume de mauvais gout et sa mèche mal taillée en font un personnage très loin de celui qu’on connaissait dans Breaking Bad. Mais au fond, James McGill est seul, profondément seul, un anti-héros encore plus violent que Walter White dont les attitudes cachent un immense vide dans sa vie.

Le pilote est très bien mis en scène, et on sent venir au fil des minutes la catastrophe, l’événement déclencheur qui va transformer notre personnage en Saul Goodman, l’avocat des pires criminels d’Albuquerque. On sent le personnage désespéré, il ne supporte pas l’échec et a l’intention de rendre justice à son frère avocat de renom tombé dans l’oubli à cause d’une grave maladie. Connaissant le personnage, on sait que James McGill n’hésitera pas à tromper, tricher, voler pour arriver à ses fins mais pour lui tout n’est que justice. L’intégration d’anciens personnages de Breaking Bad comme Mike qu’on retrouve gérant d’un parking donne du charme à la série. Les aventures de James tournent mal lorsqu’il essaye de monter une escroquerie qui atteindra la mauvaise personne, pour notre plus grand bonheur.
Better Call Saul est bien plus que du simple fan service, c’est une série prometteuse qui ravira aussi bien les novices que les fans de longue date de l’univers créé par Vince Gilligan. La comparaison avec Breaking Bad va s’imposer mais ce serait réellement réducteur car les deux séries sont singulières et nous raconte l’histoire de deux personnages aux personnalités très différentes et on l’espère, aux futurs très différents.

Better Call Saul avait des bagages très lourds à porter, être l’héritage de Breaking Bad n’est pas chose aisée mais Vince Gilligan nous démontre encore une fois tout son génie avec un premier épisode très convaincant. La première saison s’annonce comme une réussite, la très belle surprise en fin d’épisode nous donne envie de dévorer le deuxième épisode déjà disponible sur Netflix. Au programme : accents espagnols et revolvers lourdement chargés.

Better Call Saul est diffusé tous les lundis soir aux USA sur la chaine AMC.