Being Beauteous – La sensibilité crue

Exposition proposée pour le festival Gréaphéine, festival d’art contemporain de Toulouse depuis le 5 novembre,  Le Beau Bug vous présente Being Beauteous

Devant une neige Un Etre de Beauté de haute taille. Des sifflements de mort et des cercles de musique sourde font monter, s’élargir et trembler comme un spectre ce corps adoré, des blessures écarlates et noires éclatent dans les chairs superbes. Les couleurs propres de la vie se foncent, dansent, et se dégagent autour de la Vision, sur le chantier. Et les frissons s’élèvent et grondent et la saveur force née de ces effets se chargeant avec les sifflements mortels et les rauques musiques que le monde, loin derrière nous, lance sur notre mère de beauté, – elle recule, elle se dresse. Oh ! nos os sont revêtus d’un nouveau corps amoureux.

Being Beauteous- Illuminations de Arthur Rimbaud (1854 ; 1891)

Being beauteous, être beau. Being beauteous, poème d’Arthur Rimbaud, existe-il un nom plus adapté pour une exposition photographique ?

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Trois artistes proches de la littérature et aux profils complémentaires vous offrent à voir un corpus de clichés, au château d’eau de Toulouse. J’ai nommé ici Anne lise-Broyer, Amaury da Cunha, Marie Maurel de Maillé et Nicolas Comment compilant la photographie noire et blanche, l’écriture, le mouvement, la vidéo et la musique. Ils expliquent « il s’agit de (re)mettre le réel au goût du jour, dans toute sa nudité, son mystère, sa beauté. Behing beauteous. »

En somme, nous comprenons que la beauté naturelle devient une composante principale de l’exposition. C’est donc ce à quoi les artistes se sont attelés. Et c’est peut-être parce que l’union fait la force que ces compositions picturales captent intensément l’œil. Elles l’hypnotisent pour former un bel amas de douceur, de sensualité, de naturel mais aussi de mystère et d’angoisse. Alliant presque les contraires ces tableaux offrent à voir une spontanéité bien choisie. Etant un des critères du surréalisme, nous pourrions même nous demander si ces artistes n’en seraient pas les descendants ? Assemblant également la photographie à l’écriture plus ou moins automatique les intervenants en cumulent les caractéristiques …

« Rassembler nos visions simultanées, faire éclater les séries, retrouver les images sœurs, créer des brèches, faire coïncider des hypothèses, tels sont les axes de notre proposition. L’accrochage ici ne sera pas conçu comme une exposition collective, où le plus souvent les œuvres cohabitent sans se croiser, mais réfléchi – de concert. Par les artistes eux-mêmes. Puisque ce sont les images qui nous ont réunis, nous allons donc tenter de « ré-unir » ces images. »

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 Nous comprenons donc en cela que les photographes ont des points de vue à revendiquer, à faire voir, valoir, entendre et lire ! Dans cette atmosphère tamisée, les lumières blanches éclairent alors des histoires. Chacun y voyant ce qu’il veut, il est dur de dire si les artistes aux mêmes sauraient vous les conter. Quoi qu’il en soit des émotions s’y font sentir. Non pas des termes précis mais des ressentis… Des ressentis qui vous sont propres.

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Les artistes jouent et cumulent donc des images pourtant très différentes les unes des autres. Associant un portrait, à un paysage et à une nature morte : les techniques photographiques semblent variées. Rattacher le tout en un : voilà un défis rondement mener ! Tous différents mais étant, avant tout et pour tous proches, les photographes créent de la poésie. Indéniablement comme la musique de Nicolas Comment, il s’agit ici d’une poésie nostalgique qui frappe en plein cœur, qui laisse les sentiments à vif. Des sentiments non éloignés de l’enfance, de l’essentiel, de la nature. Et c’est parce qu’il faut le voir pour le croire que nous vous invitons à vous plonger à votre tour dans cette ambiance douce mais aussi bouleversante au château d’eau. Lieu privilégié de Toulouse, cette tour en briques roses, à l’ambiance humide et totalement hermétique aux sons. De quoi vous plonger dans l’univers des œuvres. Y ressortir l’esprit plein de poésie et de belles images, en somme un cocktail de bonnes ondes auquel le Beau Bug vous conseille d’assister avant le 4 janvier 2015…

Campagne Dernière– Nicolas Comment, collaborateur de l’exposition

Tendrement,
Clémentine Picoulet,
Le Beau Bug