Asakusa – Le nouvel Ep de Fakear

Depuis la démocratisation de la MAO (musique assistée par ordinateur), via le développement du web, et l’énorme économie des moyens technique, la musique électronique est à la portée de chacun. Mais il n’y a que les plus doués qui émergeront. Fakear est une de ses figures montantes de la scène électronique française, aux côtés de Superpoze et Thylacine, grâce à son electronica entêtante peuplée de sonorités héritées de la world music.

Le beatmaker caennais revient avec un nouvel Ep en quatre titres baptisé Asakusa, sur Nowadays Records (http://nowadaysrecords.com/). Ce nom fait référence à un quartier populaire de Tokyo, une métropole qui a considérablement influencée sa musique, tout comme le Japon dont il sample les rythmes et les textures afin d’alimenter sa musique. Il avait signé en 2013 un excellent Ep intitulé Morning in Japan, souvenir de son passage sur le territoire nippon.

Équipé de sa MPD, son ordinateur et une batterie électronique, Fakear joue avec les matières, sample des mélodies et des chants orientaux, tout en peuplant ces titres de subtils beats électroniques, pour soulever nos corps dans un même élan sensoriel. La recette reste sensiblement la même mais propose tout de même des compositions plus épurées, à savoir les délicates entrées au piano sur le titre éponyme ou Ueno. Les plages sonores s’affinent et la maîtrise des samples vocaux n’a jamais été aussi chirurgicale. Les chants samplés se reconstruisent au fil des morceaux pour délivrer de nouvelles harmonies vocales à la teinte azuréenne. On quitte le Japon pour se rendre à New-York, à bord de rythmes aériens plus soutenus. En effet, Skyline délaisse quelque peu les textures lumineuses par l’introduction de percussions, qui font gagner l’Ep en intensité et en contraste. Enfin, Venus conclu avec une plage sonore chaude et entêtante, où la mélodie cristalline dessine les contours d’un voyage sonore autour du monde.

On ne fait pas que traverser l’imaginaire acoustique du jeune homme. Asakusa contient des titres poétiques qui illuminent l’atmosphère. Les refrains magnétiques captent l’esprit pour le faire voyager vers des contrées étrangères. Bien que son électro exotique fasse l’unanimité, l’artiste dit avoir démarré la composition d’un album en délaissant ses habitudes artistiques. Après 5 Ep, ce premier long-format, très attendu, verra l’apparition d’instruments divers ; violoncelle, basse, batterie, clavier ainsi qu’une chanteuse, afin de proposer un premier album au spectre musical élargit. Asakusa sonne comme la fin d’une période pour la musique de Fakear, qui veut changer la méthode sur laquelle il s’était trop reposé : « une basse, un kick, une voix. C’était devenu mon carcan ». Il confirme l’audace d’une génération do it yourself, où les majors n’ont plus leur mot à dire quant aux choix des artistes, où seul compte la volonté et les rêves. « Un EP à écouter la nuit dehors», disait-il. Et voilà qu’une nouvelle aube pointe à l’horizon.