À la rencontre d’un Art interdit

Le graffiti est un milieu bien mystérieux ! Difficilement accessible, le street art peut pourtant s’avérer passionnant ! Que vous l’appréciez déjà ou pas du tout, que vous le connaissiez ou non, entrons aujourd’hui dans les coulisses d’un monde parallèle à Toulouse.

Présentations…

Nés en période de guerre les tags avaient pour simple utilité de transmettre des messages secrets . Aujourd’hui modernisés à l’image de la société, les avis sont partagés : art ou vandalisme ? Chaque graffeur poursuit une course effrénée qu’il s’est lui-même donné pour but. Ouvrant les portes d’un monde parallèle, sur le champ infini des possibles, le graffisme nous cache bien des choses ! Impossible d’y songer à première vue mais ces inscriptions nous dissimulent un réseau complexe et organisé, avec ses têtes et ses admirateurs, ses lieux secrets et privilégiés. Au cœur de la ville rose, un adepte du graffiti furtif (préférant rester anonyme) nous livre un aperçu de sa passion…..

 Ce qui t’as séduit dans le graffiti :

L’aventure avec les potes, passer des nuits dehors. Je trouve que ça ne devrait pas être sérieux

Challenge ou enjeux esthétique ?

Un peu des deux. Au début c’était un challenge, dans la rue ça l’est toujours mais maintenant je m’amuse à les styliser sur papier.

Ton graff a-t-il un sens ?

C’est une signature, un blaze, celui de mon groupe : le crew. Je crois que ça veut dire « équipe » en anglais. On est une grande troupe, il y a un mec de Bayonne, un autre de Biarritz, des gens que je ne connais pas et que je ne rencontrerai certainement jamais. On forme une sorte de mini communauté qui laisse sa trace partout où elle passe.

Et le but de ton geste ?

Tu fais ta pub. De la même façon que les pubs Channel ou Dior agacent, les graffitis irritent probablement les gens.

Trouve tu la sanction justifiée ?

Le graffitis c’est méchant. Ça fait une lourde peine pour de la peinture mais c’est compréhensible, ça coûte cher à réparer.

Tes lieux fétiches ?

Les maisons abandonnées.

Des artistes sont de plus en plus sollicités pour décorer à la bombe les murs de la ville, qu’en penses-tu ?

Je prends ça comme une insulte au sens premier du graffiti, c’est quelqu’un qui se fait de l’argent en donnant à voir ce que les gens attendent de lui.

Concluant l’interlude sur une parole pleine de sens, le révolutionnaire en herbe propose de nous faire découvrir un de ses lieux fétiches.

Découverte…

artinterdit

Contre toutes attentes le graffeur nous guide au cœur du quartier chic des carmes, à quelques mètres du palais de justice. Notre destination s’avère être une faculté de médecine abandonnée. Après un parcours tumultueux nous entrons dans cet espace clos, complétement hermétique à l’ambiance citadine. Ici, les graffitis participent à l’ambiance du lieu. Une atmosphère angoissante et riche en couleurs, paradoxe. Ces structures en friche colorées et verdoyantes révèlent un décor proche du manga, digne des films de Miyazaki. La magie opère ! Nous assistons au spectacle de véritables œuvres d’arts in situ crées par des graffeurs de toutes sortes. Qu’ils soient révolutionnaires, poètes ou artistes, ces derniers nous offrent une belle preuve de collaboration non préméditée….

La faculté sera détruite d’ici peu. Emportant avec elle l’histoire d’un mouvement, elle laissera place à de nouvelles infrastructures, triste réalité d’un art éphémère.

Tendrement,
Clémentine Picoulet,
Le Beau Bug

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