Serpico de Sidney Lumet

Adaptation du roman homonyme de Peter Maas, Serpico est un biopic policier italo-américain sorti en 1974 sur les écrans français. Qui dit vieux film à l’ambiance italo-américaine dit mafia. Pourtant la mafia n’est pas toujours celle qu’on croit.

Le film retrace l’histoire vraie de Frank « Paco » Serpico (Al Pacino) lors de son intégration dans la police de New York, au coeur des années 60. Policier par vocation, ce dernier va découvrir que l’ennemi n’est pas celui qu’il traque dans les rues mais celui qu’il côtoie sur son lieu de travail. Résolument intègre, Paco tentera de sauver sa vie tout en sauvant la Police de New York de la corruption qui la gangrène jusque dans les plus hautes sphères.

Le New York que nous présente le réalisateur, Sidney Lumet, n’est pas le New York réhabilité par Rudolph W. Giuliani lors de son mandat de 1994. Il s’agit d’une ville sombre, avec une forte criminalité et une action inefficace de la Police qui fait partie intégrante de la décadence de la ville. Cette atmosphère pesante est merveilleusement retranscrite par Sidney Lumet qui réussit à y intégrer un Al Pacino désabusé et en marge de la société dans laquelle il vit.

Gage de la qualité de la réalisation, c’est ce film qui permettra à Sidney Lumet d’obtenir le « final cut » sur ses réalisations futures, elles aussi de très bonne qualité. On peut ainsi citer « Un après midi de chien » dans lequel on retrouvera également Al Pacino.

Parlons maintenant d’Al Pacino. Du jeune Al Pacino. Celui ci ne doit pas sa célébrité à ce film, puisque ce dernier s’était fait connaitre du grand public dans la trilogie du Parrain, mais ce long métrage a eu le mérite de montrer l’étendue de son talent en lui proposant le rôle du gentil, facette que l’on a peu connu dans son jeu d’acteur futur. Pas particulièrement fan de l’acteur dans ses rôles chargés à 2000 volt, j’ai ici été bluffé par son interprétation d’un homme intègre, calme et réfléchi.

Je tiens enfin à partager une anecdote du film qui m’a beaucoup plu et qui en dit long sur les qualités des acteurs de cinéma. Au fil du film, Al Pacino développe petit à petit son volume capillaire pour finir avec des cheveux longs et une longue barbe. Ce choix a été fait par le réalisateur qui souhaitait établir un parallèle entre son protagoniste et le Christ des années 70. Toutefois, si l’on peut d’abord penser que l’acteur s’est simplement laissé pousser les cheveux et la barbe au cours du tournage il n’en est rien. A l’inverse, Al Pacino a subi un rafraichissement par étape et a donc tourné le film entièrement à l’envers. Il n’est de mon avis jamais simple de transmettre des sentiments lors de scènes finales lorsque le début du film n’a pas encore été tourné malgré la connaissance du scénario. Pour cela, je salue la prestation.

C’est un plaisir de vous servir cet Old Fashionned, démodé mais toujours aussi bon.


Titre original : Serpico
Réalisateur : Sidney Lumet
Acteurs : Al Pacino, John Randolph, Jack Kehoe, Biff McGuire
Date de sortie : 5 décembre 1973 (Etats-Unis) 22 mai 1974 (France)
Genre : biopic, policier
Nationalité : italo-américaine
Durée : 125 minutes
Bande annonce : En l’absence de trailer convenable, nous vous proposons l’avis de Bertrand Tavernier sur ce film.

Tendrement,
Le Beau Bug

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