Pourquoi pas rouge? de Georges Ayats

Jérôme Carrié, commissaire d’exposition, découvrait le travail de Georges Ayats à Collioure en 2013. Cette ville emblématique de l’art moderne où ont séjourné Signiac, Matisse, Derain et bien d’autres artistes. Ils se sont inspirés de son château royal majoritarian et de ses maisons colorées envahies de végétations verdoyantes. Ils ont été séduits par ses doux embruns méridionaux et y ont créé leurs chefs d’oeuvres. Le parfum des pins et des figuiers enivre quiconque y met les pieds. Collioure est depuis longtemps un lieu idéal pour peindre, exposer et découvrir des créations produites in-situ…

Le peintre Georges Ayats se définit lui même comme « un concret méditerranéen », un de ceux qui captent la lumière du sud et les couleurs sensuelles de la mer. L’art concret est une branche de l’abstraction, c’est un procédé pictural qui consiste à éliminer toutes expressions personnelles au profit des formes et des couleurs. Ceux sont elles qui donnent la tonalité à l’oeuvre. Pour cela, Georges Ayats procède à de savants dosages qui combinent les teintes, la saturation et la luminosité et font vibrer les oeuvres les unes avec les autres. L’aléatoire n’a plus sa place dans cet art construit de toutes pièces. Les toiles font preuve d’une grande planéité et il est essentiel de prendre du recul pour les observer. Les lignes et les espaces blancs ont été calculés de façon à faire communiquer les couleurs entre elles. Ici, la perception du spectateur, la perspective des toiles et la pureté des couleurs coopèrent pour une meilleure comprehension de l’exposition. C’est la première impression qui prime sur l’interprétation: « ce que vous voyez, ce que vous voyez et rien d’autre » disait-on à propos de l’art concret.

 

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Invité pour exposer à la Fabrique du CIAM en 2015, Georges Ayats avait dès lors décidé de travailler sur la couleur rouge. « Pourquoi pas rouge? » explore les variantes de cette couleur qui combine des symboliques extrêmement fortes. Le peintre explique que pour lui, les briques de la ville de Toulouse ne sont pas roses mais bien rouges. C’est aussi la couleur du sang qui rappelle l’exil espagnol local. Ici, le rouge, emblème de la passion, a été démultiplié en trois séries distinctes: « Perspectives rouges« , « Suite colorimétrique » et « Tetralogie« .

Georges Ayats a travaillé de nombreuses années pour le laboratoire du Louvre. Il étudiait la colorimétrie qui est une technique pointue d’examen des couleurs. Son oeuvre a elle même fait l’objet d’analyses et les spécialistes ont décrété que l’artiste détenait l’œil absolu. C’est à dire une capacité incroyable à percevoir les pigments et par la même, créer des monochromes d’une grande exactitude. L’exposition a été inaugurée le 28 avril à la Fabrique du CIAM et se prolonge jusqu’au 16 juin 2017. Jérôme Carrié explique « qu’elle se reçoit à l’œil nu, tend à une dimension méditative et renvoie à notre propre sensibilité ».

Tendrement.

 

 

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