Lowless – Rhizome

Rhizome : « tige souterraine et parfois subaquatique remplie de réserve alimentaire chez certaines plantes vivaces », nous dit Wikipedia. Pourquoi cette définition ? Parce que label Lowless, label qui met en avant des artistes évoluant dans une veine minimale et underground, la reprend en l’adaptant à une sauce électronique, sombre, minimaliste, liquide. Rhizome est la première « mini-compilation » du label, et le soin apporté à la direction artistique de celle-ci en dit très long sur le talent et l’avenir de Lowless.

Quatre titres, la volonté de faire court, de frapper les esprits. Rhizome commence avec le titre Old Mansion, signé du producteur Nosfë. On reconnaît là bien sa signature conceptuelle (qui dit lui-même évoluer dans une veine « house music multicouche au rythme minimaliste ») : si quelques sonorités sur ce titre peuvent effectivement rappeler la house, on évolue surtout sur des terres esquissées au moyen de quelques vocalises monotones et éparses, et de kicks and snares espacés de très courts silences et sons sourds. En bref, on a là un titre à la fois calme et contemplatif, qui pourtant a le don de jouer légèrement avec nos sens.

On poursuit avec le titre Reef du producteur Eidan. Jamais un titre ambient techno n’a aussi bien porté son nom : si avec Old Mansion on voyageait dans un environnement encore terrestre, on plonge ici dans les abysses d’un récif de corail que des chercheurs découvrent à peine, logé à plusieurs centaines de mètres de profondeurs. Chacune des nouvelles sonorités qui survient surprend et apaise en même temps, comme à la soudaine découverte d’un poisson ou d’un requin inoffensif qui nous suivrait du regard. Même le grondement sourd du sous-marin se fait entendre, il suffit de fermer les yeux et de laisser les images défiler devant nous. Huit minutes passent ici comme deux, les vagues océaniques ayant le don de déformer le temps.

Le titre Random de Richelieu est la parfaite complétion de Reef. Après avoir nagé en eaux profondes, on sort lentement de l’eau pour se retrouver sur une ville portuaire, où le temps passe à une vitesse folle et où le brouhaha de la foule rythme nos pas sur le dancefloor. Rythmes empruntés à la techno sur fond d’un doux vacarme que l’on pourrait entendre dans un aéroport, voilà de quoi résumer ce titre.

Enfin, on termine notre voyage électronique sur le titre Transfer de Tupikor. Et le titre trouble, car si on s’attendait après Random à tomber sur un titre plus dancefloor encore pour finir notre voyage sur des notes solaires, Transfer mélange esquisses de rythmes techno-house avec… des notes de piano brut, ne suivant une ligne mélodique que l’on ne peut qualifier autrement que d’abstraite. Après la terre, les eaux profondes et la ville au rythme frénétique, Transfer est un voyage introspectif, dans la quatrième dimension qu’est notre âme et nos pensées.

 

Lowless est un jeune label français qui dédie son activité à une musique électronique, minimale, qui appartiendrait, si l’on devait la catégoriser dans les genres existants, à la deep house, la house music, la tech-house et la techno minimale. Avec déjà près d’une dizaine de sorties à sa liste et plusieurs milliers de personnes les suivant sur Soundcloud, Lowless est sans aucun doute un label qui a de l’avenir.

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Et retrouvez nos articles sur les artistes signés chez Lowless :
Ashka
– Kobarey
Saebius

Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug.

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