L’interview d’OCEANIC MEMORY

Un groupe de rock indépendant s’est récemment fait une place dans le milieu musical. Il s’agit d’Oceanic Memory, un groupe de quatre garçons originaires de Montpellier, signés sur le label Memorya Records. Ayant fait leurs débuts avec un EP oscillant entre le rock, la pop et l’alternative, ils reviennent avec un nouveau titre, Past-Time, immédiatement accompagné d’un clip d’une esthétique sans pareille. À l’occasion de ce retour plutôt rapide, nous leur avons posé quelques questions.

1. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Salut Cloé, Oceanic Memory est un groupe de rock atmosphérique de Montpellier avec Thomas Bringuier à la batterie, Paul Storm à la basse, Jérôme Tellene aux claviers et Sébastien Rouger à la guitare et au chant. Depuis maintenant plus d’un an, nous vivons tous ensemble et le projet Oceanic Memory a clairement débordé du simple projet musical. C’est devenu un projet de vie.

2. Pourquoi Oceanic Memory ?
Oceanic Memory veut dire « mémoire océanique », c’est le fait de faire appel à des souvenirs particuliers pour se rappeler de quelque chose. On prend souvent l’exemple d’un film dont on aurait oublié le nom. On va se remémorer les acteurs qui ont joué dedans jusqu’à ce que le nom du film nous revienne. Ça, c’est la mémoire océanique. De plus, ce nom reflète plutôt bien la musique que l’on fait.

3. Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Thomas et Seb se sont rencontrés au lycée. Par la suite, Seb a rencontré Paul et Jérôme à la fac à Montpellier, où l’on a suivi (plus ou moins) les mêmes cours.

Tantôt rock, tantôt pop alternatif, ce premier EP dessine les contours d’un univers riche, vaporeux, rêveur, aux accents rock anglais.
4. Qu’est-ce qui a inspiré son écriture ?
On tenait à ce que le groupe ait un vrai point de départ, qui se matérialise par cet EP The Original Seed. Il regroupe donc des chansons plus ou moins récentes et donc d’inspiration diverses. L’objectif était vraiment de se dire « aujourd’hui Oceanic Memory c’est ça ».

La plupart des groupes de rock construisent leur signature autour de leurs instruments : on reconnaît le groupe grâce aux arrangements généralement faits sur la basse ou la guitare. Vous, c’est essentiellement par la voix du chanteur que l’on reconnaît la signature du groupe, et par l’atmosphère des titres.
5. Pourquoi ce choix ? Est-ce que la voix est finalement plus importante que les instruments ? Sur quoi préférez-vous mettre l’accent dans vos morceaux, sinon ?
Ça s’est fait naturellement. On considère la voix comme un “double instrument”, à la fois mélodique et narrative. La narration rajoute de l’impact et du sens à la mélodie, ce qui en fait un élément incontournable dans nos morceaux.

« Oh no, I fought all your fears
Oh no, I sailed all your seas »

Ces paroles sont extraites de votre précédent EP, plus particulièrement du morceau intitulé All Your Seas.
6. Pourquoi le « personnage » semble être déçu d’avoir compris cette personne ? Pouvez-vous nous en dire plus sur l’histoire racontée au travers de ce titre ?
En fait c’est plus une forme de désabus que de déception. Il n’a pas « compris » cette personne, il la connaît par cœur. Si on schématise, la chanson dit : “regarde tout ce que j’ai fait pour toi, regarde tout ce que j’ai traversé pour toi, je te connais par cœur mais toi tu t’en fous”.
Comme pour toutes les chansons que l’on écrit, les personnages sont toujours des gens proches de nous, voire nous, même si on essaie de les rendre assez génériques pour laisser chacun en faire son interprétation. C’est pour ça qu’il est souvent difficile d’expliquer le sens du texte. Chacun d’entre nous sait de quoi et de qui ça parle mais il y a toujours une forme de pudeur envers la personne concernée.

Concernant le clip, il mélange différents types de formats de vidéos, allant de la vidéo tournée à la caméra numérique et dont les couleurs ont été retravaillées en post-production, et de la vidéo tournée sur pellicule aux caractéristiques aspérités.
7. Pourquoi ce choix ?
Pour All Your Seas on s’est pas mal inspiré du boulot de Leif Podhajsky.  On trouvait le choix plutôt pertinent d’allier le côté froid du numérique à la chaleur et la nostalgie de la pellicule. Les images en super 8 sont des images familiales d’époque, ce côté véridique nous tenait à coeur.  C’est ce que la chanson nous renvoie en terme d’émotions.

Vous revenez avec un nouveau titre, Past-Time, et un nouveau clip, toujours aussi esthétique et toujours en collaboration avec l’agence Canopée.
8. Pourquoi ne faire apparaître personne dans le clip et n’évoquer l’histoire que de manière figurative ? Etait-ce votre choix, ou une suggestion de l’agence vidéo ?
Pour le moment on aime réaliser des clips très graphiques et donner du sens avec de la symbolique. C’est dans cet exercice qu’on se sent le plus à l’aise.  Mais l’envie de faire un clip scénarisé avec des acteurs commence sérieusement à nous titiller, surtout que certaines chansons s’y prêtent vraiment bien.

9. Comment est née cette collaboration avec l’agence Canopée ?
En fait, l’histoire est très simple. Le réalisateur de nos clips est le cousin du batteur. Un jour on avait besoin d’une vidéo et on a immédiatement pensé à lui.

Le titre évoque le temps qui passe, et la douleur causée par celui-ci : ce qui est passé ne reviendra pas, peu importe que le temps passe lentement ou à vitesse grand V.
10. Le temps qui passe, les souvenirs, cela amène forcément à du regret, pour vous ?
Non absolument pas, le temps qui passe, les souvenirs… sont des sujets que l’on aime aborder et même si l’on ne fait pas forcément toujours les bons choix, on ne les regrette pas.
Past-Time a une double lecture, l’Amour se consume, le personnage se joue de quelqu’un d’autre avec arrogance. Mais à la fin, ce personnage sait qu’il est dans le faux depuis le début de la chanson et qu’il le regrettera probablement.

On sait que vous êtes des amateurs de productions 100% homemade : le mix et le mastering, vous le gérer vous-même.
11. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette volonté ?
On adore faire les choses par nous-même, le côté home made ne s’arrête pas qu’au son. On s’occupe également du booking, de l’image, la com, le site internet… on pense que c’est une vraie valeur ajoutée à notre projet. On préfère faire quelque chose qui nous plait avec nos moyens, quelque chose dont on est fier et qui nous permet de garder notre liberté artistique.

12. Ce titre est-il annonciateur d’un nouvel EP ? Voire d’un album ?
Pour le moment, c’est le premier single d’une série de trois. On aimerait idéalement que tous les singles soient clippés. On se concentre exclusivement sur ça. L’album n’est pas pour maintenant mais on est pas fermé à l’idée de sortir bientôt un second EP.

14. Avez vous pour projet d’écrire un jour en français ?
En ce moment, on écoute de plus en plus d’artistes qui chantent en français. Il y a une nouvelle vague musicale actuellement en France très inspirée et inspirante. Mais pour être tout à fait honnête, on ne pense pas que cela collerait à notre esthétique.

15. Vous êtes plutôt…
– Vidéo sur pellicule ou vidéo numérique ?
Vidéo numérique.

– Pop ou rock ?
Pas simple, mais peut être pop.

– AC/DC ou The Beatles ?
Définitivement The Beatles.

16. Notre magazine s’appelle Le Beau Bug, c’est quoi pour vous, un beau bug ?
Un beau bug, c’est d’avoir son ordi qui plante la veille de la sortie du clip et que la seule copie de ce dernier se trouve sur cet ordi.

17. Enfin, quels sont les indispensables à toujours avoir dans son iPod ?
Un morceau des Beatles pour se rappeler que la musique c’est simple, un morceau d’Arctic Monkeys pour se rappeler qu’avec un joli texte c’est mieux, un de Tame Impala pour se dire que le “Home-made” c’est la vie et un de M.Pokora pour se rappeler que le monde de la musique est une vaste blague.

Retrouvez OCEANIC MEMORY sur les internets :
Site
Facebook
Twitter
Instagram
Youtube

Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *