L’interview de Vimala

© Louis Thomas

Après une entrée en scène remarquée grâce à un premier EP sorti en janvier dernier, Vimala revient avec un second, bien déterminé à explorer la musique électronique à sa façon. See Through, plus sombre que son aîné, entend bien rester longtemps dans nos playlists. Retour sur le parcours détonnant d’un groupe pas comme les autres à l’occasion de la sortie de ce deuxième EP.

1. Peux-tu te décrire en quelques mots ?
Je suis Adrien Casalis, je suis musicien et réalisateur. Je fais de la musique pour des films et je fais des films pour de la musique.

2. Pourquoi Vimala ?
Je voulais un prénom féminin pour ce projet tout un gardant un aspect inhabituel, lyrique limite abstrait. Quand je suis tombé sur ce prénom indien au générique d’un film avec Vimala Pons, je me suis dis que c’était ça.

3. Vimala est un projet qui réunit une partie de ta famille, à savoir tes deux frères. Comme c’est assez inhabituel, est-ce que tu peux nous en dire plus ?
J’ai la chance d’avoir un frère ingénieur du son spécialisé en mastering qui a monté le Studio RTM il y a plus de dix ans maintenant et un frère violoncelliste. Ils m’ont toujours beaucoup aidé et soutenu et j’apprends énormément en travaillant avec eux. L’un masterise l’EP et me conseille en mixe, l’autre joue et co-arrange les parties cordes.

4. Et en live, tu t’entoures de potes à toi. Comment en êtes-vous arrivés à former un groupe ?
Oui pour moi le live c’est très important, c’est complètement différent du studio, il faut une nouvelle énergie, et pour moi ça passe par une énergie de groupe. Il y a Corentin aux claviers et machines. C’est un pote qui faisait du son de son coté, il y pas mal d’années je lui ai proposé de venir jouer avec nous, à l’époque j’avais un autre groupe, mais c’est comme ça que ça a commencé. Et il y a Laurie aux drums. Je la connaissais rapidement et je la savais batteuse mais c’est en la croisant par hasard dans la rue et en discutant que ça a fait tilt. Je trouve ça important que eux même ai leur projet, face leur son, avec leurs goûts, leurs envies. Ça amène une toute autre dynamique.

5. Sur l’intro de l’EP, résolument cinématographique, on entend un violoncelle faire une magnifique entrée. Comme c’est ton frère qui joue, est-ce que tu peux nous en dire plus sur cette collaboration ?
Ça se fait très naturellement, j’arrive avec un thème, une ambiance, des accords, je lui raconte l’histoire du morceau et il se met à jouer, c’est assez magique ! Pour l’intro je lui parlais beaucoup d’image, de scènes de film inventées, et j’avais seulement quelques accords de piano et il a trouvé ce thème tout de suite. Pour l’outro, j’avais un thème et des orchestrations que j’avais faites qu’il a repris et complétés. C’est un excellent musicien il comprend immédiatement et vient apporter ce qui manque au morceau.

6. S’ensuit See Through, titre sombre, rappelant à la fois les instrumentaux de FKA Twigs à ses débuts et les rythmiques techno de Gesaffelstein. Est-ce qu’ils t’inspirent au quotidien ?
Oui carrément, je ne les écoute pas au quotidien mais ils ont apporté leurs sons de manière très efficace et ça ne peut qu’être inspirant. J’ai redécouvert le morceau Water Me de FKA Twigs et lui pour le coup je l’écoute beaucoup !

7. Crystal revient sur les terres explorées notamment par Sailing Soul dans le premier EP. Qu’est-ce qui a influencé la mélancolie qui se dégage de ce titre ?
C’est un titre que j’ai écris pour ma copine, on se connaît depuis plus de 12 ans maintenant, c’est le big love. J’avais déjà écrit Sailing Soul pour elle à l’époque.

8. L’outro, ce doux mélange piano brut et cordes, rappelle l’Exogenesis Symphony que l’on retrouve à la fin de l’album Resistance de Muse. Est-ce que cela te parle ? As-tu des références plus classiques dans tes inspirations ?
Je ne connais pas trop Muse et c’est pas du tout une inspiration pour moi, en revanche j’ai grandi en écoutant de la musique classique et j’en écoute toujours beaucoup. C’est plus qu’une source d’inspiration c’est une base très importante. C’est dur à résumer mais disons que j’écoute énormément La Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak par exemple, ou La Pathétique de Beethoven, toutes ses symphonies d’ailleurs c’est la base.

9. L’EP se termine par un remix signé LAAKE, explorant une brèche techno du titre, lui donnant une teinte encore plus dark. Comment en es-tu arrivé à collaborer avec lui ?
On a fait un co-plateau sur une date au Point Ephémère, et j’ai vraiment bien aimé tout son univers, j’ai donc tout de suite pensé à lui pour faire un remix. Le résultat est super cool, ça apporte un peu d’un autre monde à l’EP.

10. On sent que l’ambiance de ce deuxième EP est plus sombre que dans le précédent. Pourquoi ? Etait-ce volontaire ? Si oui cela suivait quelle dynamique ?
C’est pas volontaire non. Je pense qu’il est surtout plus assumé, j’ai fait les morceaux tels que je voulais qu’ils soient.

11. Le premier EP s’est vu illustré de clips, est-ce qu’un nouveau projet visuel est en cours pour le second ?
Carrément on travaille dessus en ce moment. On prépare le clip de See Through, c’est un projet plus conséquent et qui demande beaucoup de temps mais j’ai hâte de le réaliser, l’idée est d’aller encore plus loin dans le lien entre la narration cinématographique et la musique.

12. La musique de Vimala est, à l’écoute, assez imagée. As-tu déjà pensé à illustrer tes lives, à faire du v-jing ?
On travaille aussi dessus oui ! Plus qu’illustrer on veut créer un live complet où le visuel fait parti de la performance. Ce qui est dur c’est justement ça, sortir de l’illustration de la musique pour venir apporter autre chose. Concevoir l’ensemble du live comme un tout, où la lumière, le visuel, les musiciens jouent ensemble, une performance unique. On prépare ça pour 2018.

13. Une anecdote à nous faire partager ?
On à jouer à La Maroquinerie il y a pas longtemps en première partie d’Everything Everything, et après le concert un des membres est venu me voir et me dit qu’ils ont fait la première partie de James Blake, je dis stylé, et il me dit que pendant notre live il a pensé la même chose qu’en voyant James Blake « Ça, ça va aller loin ». Comment ça m’a fait plaisir.

14. Plutôt…
Noir ou blanc ?
Voir ou entendre ?
Live ou DJ set ?
Electronique ou organique ?
Disons entendre un live electro-organique dans le noir.

15. Notre magazine s’appelle « Le Beau Bug », c’est quoi pour toi un beau bug ?
C’est une pellicule nitrate qui s’enflamme dans le projecteur 35mm, on a pas vu ça au cinéma depuis 1910 mais ça devait être complètement dingue !

16. Pour finir, quels sont les essentiels à toujours avoir dans son iPod ?
Le premier EP de Darkside : les morceaux A1, A2, A3, un peu de Weval, le morceau Leviathan de Flavien Berger et Jumping Jack Flash des Stones.

 

Retrouvez Vimala sur les internets :
Facebook
Instagram
Soundcloud
Youtube

Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *