L’interview de Sirocco

© Cynthia Frebour

Révélé grâce au titre L’Amour en Voilier sur la compilation Super Beau Summer d’Opening Light en juillet 2016, le groupe français de synth-pop Sirocco, par ailleurs signés sur ce label, revient avec un titre à la fois doux et addictif, dénommé Merveille et parfumé aussi bien de poésie que de féminisme. Nous en avons profité pour lui poser quelques questions, entre Paris et Bordeaux.

1. Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Léo Becerra, je viens de Pau dans le Sud-Ouest et j’habite Bordeaux depuis peu. Sirocco c’est un de mes projets musicaux et artistiques. Je vois ça comme une série de romans ou de films qui me permettent de raconter des histoires et de retranscrire des instants ou des émotions que j’ai vécu ou que j’aimerai vivre. C’est pile et face, c’est le décor et l’envers du décor, la réalité et les rêves mélangés.

2. Que signifie Sirocco ?
Le sirocco c’est un vent chaud venant du sud, un vent saharien qui souffle sur la Méditerranée et sur l’Afrique du Nord, et ça me parlait car je viens moi-même du Sud et mes grands parents et une partie de ma famille sont nés en Algérie, du coup il y avait aussi une référence à ces gens que j’aime et à une partie de mes origines. En plus de ces références personnelles, j’aime beaucoup l’idée du vent. C’est quelque chose que l’on sent mais qu’on ne voit pas. Et rien à voir mais j’aimais bien la vieille Volkswagen Sirocco, elle faisait rétro-futuriste.

3. Avant Sirocco, il y avait Victorias. Pourquoi avoir décidé de changer de pseudonyme ?
Le groupe a changé à la fois sur sa forme mais aussi musicalement avec le temps. C’est une des raisons du changement de nom. Le premier pseudonyme de l’époque c’était plus pour triper, ça n’avait pas forcément de sens par rapport à ce qu’on faisait. Et donc c’était important d’avoir un nom qui me parlait et qui définissait mieux ce projet.

4. Sirocco a été découvert sur la compilation Super Beau Summer, du label Opening Light chez lequel vous avez signé. Est-ce que ce titre, L’Amour en Voilier, a été pensé pour la collaboration, ou tu as été repéré en ligne ?
Alors je n’ai pas été repéré en ligne avec ce titre, mais il n’a pas été prévu non plus pour la compilation, c’est un morceau qui était là depuis longtemps, donc non non je ne me suis pas adapté du tout à une esthétique ou à quelque chose issu d’Opening Light ou d’une direction artistique, c’est quelque chose qui avait été travaillé avant. En fait j’ai rencontré Emmanuel Roche lors d’un concert sur Paris, on a sympathisé, rigolé ensemble et ça a débouché sur notre collaboration.

5. On reste émus après l’écoute de L’Amour en Voilier par la façon dont vous dépeignez avec poésie les sentiments amoureux. Qu’est-ce qui a influencé l’écriture de ce titre ?
Merci ahah c’est un joli compliment. Tout ! Tout influence tout. C’est une chanson d’amour donc c’est les personnes que j’aime ou que j’ai aimé qui m’ont influencés sur cette musique… ce sont ces émotions de bonheur ou de tristesse liées à ces sentiments d’amour. J’ai essayé de retranscrire ça, en soulignait la fragilité des sentiments, ce n’est jamais quelque chose d’acquis et c’est ce qui rend la chose encore plus jolie. Dans les paroles je dis « tu sais je t’aimerai » c’est au futur et l’amour nous projette dans l’avenir sans jamais savoir de quoi il sera fait.

6. À l’écoute du second titre, Merveille, on entend comme des airs de Paradis. Est-ce qu’ils t’inspirent au quotidien ?
Au moment où j’ai écrit cette chanson je ne connaissais pas Paradis, même si aujourd’hui évidemment je connais et j’aime beaucoup. À ce moment là c’était plus Tellier niveau influence, GainsbourgAir, des groupes anglais comme Metronomy… mais évidement les groupes plus récents sont des sources d’inspirations aussi ! J’aime beaucoup Ménage à Trois, Basile di Manski, Liss, Connan Mockasin etc. Je ne suis pas attaché à une époque précise pour la musique. Après comme je te l’ai dit ce n’est pas que la musique ou d’autres artistes qui m’inspirent mais des moments de vie tous simples comme un avion qui passe dans le ciel par exemple.

Si l’instrumental se veut plutôt nonchalant et sensuel, dessus viennent se poser des paroles desquelles émanent à la fois tristesse et surprise. Un charme qui rend inaccessible, un narrateur troublé et trompé… qui pourtant expose son histoire tout en douceur !
7. Qu’est-ce qui explique ce contraste ?
Oui c’est exactement ça,. Le morceau raconte la fin d’une histoire entre deux personnes, et le narrateur a ce détachement par rapport à cette situation car il sait que dans toute histoire, ô combien merveilleuse soit-elle, il peut y avoir une fin et même si on ressent sa tristesse, ce détachement montre qu’il sait guérir de ses peines.

Pour poursuivre sur cette idée de paradoxe, en plus d’aborder un sujet triste, le titre s’appelle Merveille.
8. Même une histoire d’amour qui finit mal peut être merveilleuse ?
Oui bien sûr une histoire d’amour qui finit mal peut être merveilleuse, il ne faut pas juste regarder la finalité mais le tout, et ce tout peut être merveilleux

9. De moins en moins d’artistes français font le choix de chanter dans leur langue natale. Si certains font ce choix par « patriotisme », est-ce pour toi un choix qui s’est fait naturellement ?
Oui ça s’est fait assez naturellement. Ce n’est absolument pas du patriotisme mais c’était vraiment naturel. J’ai fait un bac L, j’adore la langue française, je la trouve belle et très riche. C’est plus facile d’être juste, sincère et précis dans sa langue natale. Souvent les gens disent ou se disent que c’est difficile de chanter en français parce que ce n’est pas une langue musicale ou que les gens comprennent trop ce que l’on dit. Moi je trouve que le français peut être musical et chantant. Mon père écoutait énormément Gainsbourg et beaucoup de chanteur français quand j’étais petit et du coup pour moi c’était assez logique et naturel de chanter en français. J’assume très bien ce que je dit, et je n’ai pas besoin de le dissimuler derrière une autre langue. Je n’ai pas honte de ma musique et de ce que je dis, si je veux être le plus sincère possible c’est plus facile en français.

10. Evidemment, après l’écoute de Merveille, on ne peut que se demander si un EP ou un album est en cours d’écriture, voire de production. Est-ce le cas ?
Oui c’est le cas, je suis en train de finir l’EP qui comprendra sûrement 4 chansons.

11. Tu es plutôt…
Bordeaux ou Pau ?
J’adore Bordeaux, c’est là où je vis maintenant mais Pau. C’est ma ville de naissance et où j’ai mes attaches et les souvenirs qui m’ont construit

Mer ou montagne ?
Mer et océan sans hésitation !

Gainsbourg ou Tellier ?
C’est impossible pour moi de choisir. Ceux sont deux génies qui m’ont beaucoup influencé et inspiré.

Comédie romantique ou film d’horreur ?
Film d’horreur même si je préfère les films de science fiction, thriller ou policier.

12. Une petite anecdote pour le Claque Son ?
La dernière en date, c’était jeudi matin lors d’un shooting. Manu m’a prêter ses chaussettes et ses chaussures pour une série de photos.

13. Notre magazine s’appelle Le Beau Bug. C’est quoi selon toi, un beau bug ?
Un beau bug ça me fait penser à quand je compose un morceau. Souvent l’imprévu ou « l’erreur » crée une truc super.

14. Pour finir, quels sont les indispensables à toujours avoir dans son iPod ?
Les influences déjà dites, sinon en groupes dont on a pas parlé, j’adore Mac De MarcoLiss aussi, un groupe scandinave, et Connan Mockasin, ça c’est obligatoire.

Retrouvez Sirocco sur les internets :
– Facebook
– Soundcloud

Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug.

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