L’interview de Jumo

Jumo - Credit Coralie Chevillon 017

Après un an de travail et de projets multiples, Jumo est revenu le 12 mai dernier avec Dérive, un opus de 7 morceaux d’une obscure tendresse. On a voulu en savoir plus sur cet artiste dont le talent explore tous nos sens…

1. Peux-tu te décrire en quelques mots ?
Je suis Jumo, je fais de la musique et de l’image en essayant toujours de lier les deux dans mes projets, je fais aussi parti du collectif Cela, que j’ai créé avec des amis il y a deux ans.

2. Pourquoi Jumo ?
C’était pour moi la possibilité de raconter quelque chose autour de mon projet, je savais dès le départ que je ne me lançais pas juste dans un projet musical, mon but n’était pas de faire des morceaux et de m’en contenter, mais de faire un projet assez complet, avec un fil conducteur, Jumo ça ne veut rien dire et en même temps tout, le mot n’existe pas mais il nous suggère quand même quelque chose, on peut l’interpréter, moi je l’interprète et le réinterprète chaque jour.

Ton troisième album, Dérive, est sorti le 12 mai dernier.
3. Peux-tu nous en dire plus ?
Dérive
est en fait mon troisième EP, je n’ai pas encore bossé un format album, je pense que quand je le ferai je ne travaillerai pas du tout de la même manière, l’EP permet d’experimenter pas mal aussi bien dans le son que dans l’imagerie, j’aime bien ce format et ce mode de travail. Ce troisième EP est donc une nouvelle étape dans mon travail de recherche et mon expérimentation, et c’est d’ailleurs important pour moi que cette étape soit différente des autres, pour le coup sur cet EP il y a une vraie cassure et c’est ça qui me plait.

On a eu un coup de cœur pour Huit jours, la présence du piano construit la trame du morceau, et tu y rajoutes tous ces sons électroniques.
4. Que peux-tu nous dire sur ce morceau ?
J’ai essayé de travailler par couches, de voir jusqu’où je pouvais amener une tournure très simple, juste trois notes, en y ajoutant d’autres notes qui varient différemment, parfois sur une durée plus longue, ou sur un rythme plus complexe. J’ai beaucoup écouté les oeuvres de Steve Reich, ou John Cage, sans prétendre avoir voulu en faire, ça m’a beaucoup intrigué puis inspiré.

Tu choisis la couleur Bleu comme titre de ton cinquième morceau.
5. Pourquoi cette couleur ? Peux-tu nous en dire plus sur ce morceau ?
Au risque de décevoir, il n’y a pas vraiment d’explication, c’est complètement personnel et inconscient, cette couleur revient beaucoup dans mon travail à l’image et évidemment dans mes références / inspirations. Cette couleur est assez évocatrice pour ce que j’essaye de raconter à travers ce projet. Le bleu, la mer, la nuit, la lumière, le froid pourraient être mes mots clés. On va dire que ce morceau les représente.

Les morceaux Bloom et Je Le Savais ont été produits avec les voix de VedeTT et Holy Oysters.
6. Pourquoi as-tu choisi de travailler avec eux ? Et si tu devais choisir 3 artistes pour une future collab, lesquels choisirais-tu ?

VedeTT est un groupe d’Angers, j’en suis originaire, c’était pour moi assez évident de travailler avec lui, après avoir été les voir jouer j’ai flashé sur l’ambiance qui se dégageait pendant leurs concerts, très planant ça m’a transporté, j’ai voulu expérimenter quelque chose et je lui ai proposé.
J’avais remixé le single Take Me For A Ride d’Holy Oysters, un plaisir tellement ce morceau était entrainant, et incroyablement bien écrit, suite à ça on a parlé de travailler ensemble sur un titre de mon EP, je trouve ça génial d’avoir pu mélanger les univers comme ça, on ressent tellement les deux personnalités, c’est déstabilisant d’avoir réussi à faire sonner ce morceau aussi pop, c’est ce qui me plait.
J’ai déjà travaillé avec Awir Léon, de Unno, je l’aurais sans doute cité, sinon j’expérimente des choses en ce moment avec un pianiste, je pense que j’irai aussi vers ce genre de collaboration à l’avenir.

7. Comment décrirais-tu ta musique ? Ton style ? Tes inspirations ?
Je dirai que c’est une recherche constante, j’ai pas l’impression de savoir vraiment où je vais et c’est ce qui me plait. Je n’ai pas de manière de travailler, ni d’endroit, je suis toujours surpris de faire des choses différentes de celles d’avant.
Bon le style je ne saurai pas dire, j’ai des influences classique, contemporain, jazz, rock, hip hop et électronique, c’est des artistes comme Nils Frahm, Aphex Twin, Steve Reich, Air, d’un côté ou plus récemment Son Lux, Rone, Bonobo, Weval qui m’inspirent chaque jour.

8. Maintenant que ton troisième album est sorti, quels sont tes projets ? Une tournée ? Un autre album ?
Je travaille sur le live, j’essaye d’adapter les nouveaux visuels qu’on a fait avec mon collectif pour l’EP Dérive à la scène, je vais aussi me concentrer un peu sur les projets de Cela pendant quelques semaines. Pour l’album ça avance.

9. Dans ce dernier album on ressent plus de maturité, que s’est-il passé depuis Nomade ?

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai surtout cherché à ne pas reproduire la même recette, je sais que ça peut en frustrer quelques uns, mais j’ai voulu proposer autre chose, et j’ai l’impression d’avoir réussi, la maturité est peut être dans le fait de ne pas avoir fait de concession et d’avoir été au bout de ma démarche. J’ai laissé plus de place à la progression, je suis sorti un peu de mes codes (sample, structures, etc) pour laisser place à des superpositions de piano, de synthé etc.

10. Tu es également un dessinateur et graphiste au sein du collectif CELA, qu’est-ce que cette double compétence apporte à ta musique ?
J’ai les même ambitions, les mêmes envies dans l’image, c’est pour ça que Cela existe, on expérimente et on travaille ensemble sur beaucoup de projets, c’était une évidence de travailler sur Jumo. Depuis 2 ans et demi je collabore avec Nina Guy, une amie illustratrice qui fait partie du collectif, sa sensibilité me touche beaucoup, c’est elle qui a repris le trait de Jumo, et qui fait tous les dessins aujourd’hui, mais elle m’aide au jour le jour sur toute la direction, aujourd’hui on travaille comme un binôme sur beaucoup de projets.

Il semblerait que tes performances live soient un plaisir tout aussi important que la production.
11. Comment prépares-tu tes live ? Et comment les vis-tu ?
On essaye de faire vivre les morceaux à travers les images, le live c’est la meilleure façon de le faire. On superpose les animations à la sceno, et on essaye de la faire évoluer tout le temps.

12. Plutôt :
Klein ou Matisse ?
Klein

Philip Glass ou Steve Reich ?
Reich

Musique ou dessin ?
Les deux !

Jumeaux ou triplets ?
Quelle question ! 

13. Notre magazine s’intitule, Le Beau Bug, qu’est-ce qu’un « beau bug » pour toi ?
Pour moi un beau bug c’est tout ce que je ne comprends pas ou ce que je ne prévois pas, une erreur, une manie qui me donne un résultat qui finit par être le truc qui fait la diff dans ma musique ou même dans mes visuels.

14. Quels sont les indispensables à toujours avoir dans son iPod ?
Air (tout), surtout Moon Safari

15. Un mot pour la fin ?
Dérive

Retrouvez Jumo sur les internets :
Sur toutes les plateformes d’écoute
Facebook
Instagram
Twitter
Soundcloud
Deezer

Tendrement,
Louise Dornier,
Le Beau Bug

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *