L’interview d’Alice et moi

Un tourbillon synthpop d’une fraîcheur nouvelle vient récemment de faire son apparition dans la sphère musicale. Il s’agit d’Alice et moi, une jeune chanteuse au premier EP prometteur, dénommé Filme moi et sorti le 27 octobre dernier. À peine disponible à l’écoute et déjà encensé par la presse, nous en avons profité pour lui poser quelques questions, aussi bien sur ses influences que sur son style d’écriture, en passant par son don pour décrire avec précision et fausse légèreté les aléas de la vie.

1. Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Alice, chanteuse de pop, porteuse de casquettes, je rêve d’amours et d’éoliennes, me sens un peu seule quand il y a du monde et dessine un oeil dans la paume de ma main.

Tu as un pseudonyme digne d’un duo et pourtant tu apparais seule, aussi bien dans tes productions qu’au chant sur scène.
2. Du coup, pourquoi Alice et moi ?
Parce qu’il y a un drôle de rapport entre le moi sur scène et le moi dans la vie de tous les jours, même si tout se mélange, se croise, et fait une seule identité au final. Et aussi parce que comme ça, tous ceux qui parlent de ce projet se mettent un peu dedans. Tout le monde peut être le moi d’Alice et moi.

Avant de sortir cet EP, tu sors un premier titre, dénommé Filme moi, et ce titre est accompagné d’un clip. Tu es bien évidemment le personnage principal de celui-ci, et lorsque le refrain démarre, tu regardes fixement l’objectif, d’un regard un brin suppliant.
3. Cependant il y a un contraste entre le regard et le ton, qui se veut presque désinvolte. Peux-tu nous en dire plus, sur ce contraste ?
Alors j’aime beaucoup les contrastes c’est vrai, entre le triste et le joyeux, le dramatique et le léger. Pour moi dans filme moi il y a deux lectures possibles : celle de la fille un peu légère qui veut être filmée par l’autre pour garder un souvenir amoureux en tête, et cela va avec le côté pop et dansant de la musique, et puis il y a celle de la fille qui a très peur d’être oubliée, de ne pas être vue, comprise, qui voudrait que le temps s’arrête et se fige dans une caméra. C’est le côté plus triste qui se mélange avec le côté plus joyeux 🙂

4. Est-ce indiscret de demander à qui tu t’adresses, tout au long du titre ?
Je m’adresse à une personne aimée mais je m’adresse aussi à personne et tout le monde à la fois. C’est comme une supplication sans destinataire particulier, l’envie d’exister d’être dans le vrai.

« Toutes ces choses dans mon âme
Qui s’affichent derrière l’écran
Tu les vois différemment »

C’est vers la fin du titre que ces paroles entrent en scène. Tu laisses finalement le choix au vidéaste du montage, tu le laisses arranger et assembler les images comme bon lui semble.
5. Doit-on y voir un pied-de-nez au regard des autres, et à l’interprétation qu’ils donnent à nos actes ? Ou au contraire, est-ce là l’illustration d’une envie de savoir comment l’autre nous voit ?
Pour moi ce pont c’est le passage où on quitte le côté plus joyeux, je me permet de le replacer en entier car il a du sens avec la première partie  “Avec ta vidéocam j’aimerai que t’arrêtes le temps et que tu me vois vraiment. Toutes ces choses dans mon âme 
qui s’affichent derrière l’écran tu les vois différemment ». Il y a une volonté d’être vue pour de vrai, retenue dans le coeur et le regard de l’autre. Après est-ce que l’autre y parvient ? C’est la question.

Dans l’EP, si Filme moi est le premier titre, Il y a est le deuxième. Le kick est fort, les basses et les synthés se font langoureux… tout comme ta voix.
6. Est-ce toi qui compose la totalité de tes musiques ?
En fait cet EP on l’a fait à trois avec Ivan Sjoberg et Jean Baptiste Beurier. Chacun avait sa spécialité : Ivan la composition, Jean-Baptiste les sons et moi les paroles. Mais tout se mélange quand on travaille en équipe sur un projet 🙂

« Il y a des gens, qui veulent téléguider
Mes amours, mes rêves et mes pensées »

« Je n’aime personne, laissez-moi seule
Je pleure comme personne, laissez-moi seule »

On ne peut nier le côté tourmenté et dénonciateur de ces paroles, mettant en scène une personne qui remonte le cours de sa soirée, soirée qu’elle aurait visiblement préféré éviter… et qu’elle ponctue d’introspections et de réflexions sur la vie.
7. Qu’est-ce qui a inspiré ce titre ? Un événement en particulier ? Tu peux nous en dire plus ?
Cela m’arrive très souvent de me sentir seule en soirée. J’aime bien faire la fête et pourtant c’est aussi là que je peux m’isoler le plus. Il y a quelque chose de beau et de déchirant à la fois de voir plein de gens pleinement satisfaits et intégrés quand on se sent un peu à côté.

On arrive ensuite au titre Cent fois. Ce titre aborde le thème des difficultés amoureuses d’une manière qu’on entend peu : en décrivant à la manière d’un roman ou d’un récit narratif ce que l’on vit, plus que ce que l’on ressent, au cours d’une histoire d’amour.
8. D’où te vient ton inspiration, ton style d’écriture ?
De la vie de tous les jours, un mélange d’expériences personnelles et d’imagination, de mélancolie, de souvenirs. Depuis que je suis petite j’aime écrire, ça me vient comme ça je ne saurai pas vraiment l’expliquer.

En faisant quelques recherches, on s’aperçoit que son clip est sorti… il y a un an ! Et quel clip ! Il aborde là la beauté de la variété des couples, chaque couple ayant une manière de s’aimer, de se disputer, de s’embrasser.
9. Qu’est-ce qui a inspiré ce titre ? Est-ce le premier que tu écris ? Et pourquoi avoir décidé de ce scénario pour le clip, de ne pas montrer qu’un seul couple, mais plein ?
J’ai écrit ce titre à une époque où je m’ennuyais profondément, je voulais de l’amour, de la haine, n’importe quoi tant que ça frappe au coeur. Ce n’est pas le premier que j’ai écrit mais c’est vrai qu’il compte beaucoup pour moi car je l’ai écrit d’une traite et j’étais transportée quand je l’ai fait. J’ai voulu montrer plein de couples dans le clip car je pense que ce besoin d’aimer, d’être aimé mais aussi de haïr touche tout le monde.

S’ensuit le titre C’est Toi Qu’Elle Préfère. Le clip aborde là le thème de la rivalité (parfois mortelle) qui existe entre jumeaux, en l’occurrence ici jumelles.
10. C’est un thème qui te touche ?
Alors en soi la chanson parlait davantage de rivalité amoureuse et notamment l’idée de trio amoureux. La réalisatrice Julie Oona m’a proposé de parler de la rivalité entre jumelles et j’ai trouvé ça très intéressant aussi. Le thème qui me touche c’est celui de la jalousie, de l’envie, mais aussi d’accepter le fait de “perdre” face à quelqu’un. Dans le refrain je dis “y a rien à faire” et ça résume assez l’idée de la chanson. C’est toi qu’elle préfère, et y a rien à faire.

Enfin, on arrive au titre Éoliennes, titre qui apporte une autre nuance à l’EP. Là, le synthé domine, le kick se fait léger, on sombre dans la mélancolie, et effectivement, cette fois tu ne chantes pas avec légèreté, mais nostalgie.
11. Qu’est-ce qui explique ce changement ? Peux-tu nous en dire plus ?
C’est la chanson qui termine l’EP, elle est plus mélancolique oui. C’est la sensation qu’on a lorsqu’on regarde par la fenêtre et que l’esprit se met à divaguer.

12. Elles signifient quoi, les éoliennes ? Quelle émotion tu ressens quand tu en vois ?
J’ai toujours aimé les trajets en voiture quand j’étais jeune et j’avais souvent ce poids sur la poitrine quand je scrutais l’horizon. Je me souviens avoir observé plein de fois des éoliennes et m’être perdue dans mes pensées. C’est un sentiment agréable et désagréable à la fois. Comme si on pouvait sentir le temps passer physiquement.

13. Bien que ce projet d’EP vient à peine d’être dévoilé, on se demande déjà si un projet d’album n’est pas envisagé. Est-ce le cas ?
Ce qui est sûr c’est qu’il y en a plein de nouvelles.. Il faut venir nous voir en concert pour avoir un aperçu ! Pour le moment on joue le 8 décembre au Pop Up du Label, le 9 décembre aux Bars en Trans et le 1er février au FGO Barbara, mais il y aura sûrement d’autres dates entre temps..

14. Une petite anecdote à nous faire partager ?
Pas une anecdote, mais – tout ce que je raconte là, chacun peut l’interpréter comme il veut. C’est ce qui est beau avec la musique, c’est comme un texte, tu peux le relire cent fois, il aura cent impacts différents sur toi et seulement toi.

15. Notre magazine s’appelle Le Beau Bug, c’est quoi selon toi, un beau bug ?
Un petit raté qui devient quelque chose de bien. Par exemple dans c’est toi qu’elle préfère, pendant l’enregistrement, un téléphone a sonné, et on a gardé un bout de ce son dans la chanson 😉

16. Pour finir, quels sont les indispensables à avoir dans son iPod ?
Du rock, du rap, de la pop, du reggae, de touuut quoi. Après c’est fini l’iPod, il faut aller sur Spotify et écouter plein de playlists surtout si je suis dedans aha 🙂

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Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug.

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