Lettres non écrites par David Geselson / Cie Lieux-Dits

« Si vous avez un jour voulu écrire une lettre à quelqu’un de cher sans jamais le faire, parce que vous n’avez pas osé, pas su, pas pu, ou pas réussi à aller jusqu’au bout, racontez-la-moi et je l’écris pour vous ». Voilà le rôle que David Geselson proposait de jouer le samedi 2 décembre 2017 au théâtre Garonne de Toulouse. Celui de médiateur, traqueur de mots justes, créateur de fictions  réelles.

En une seule et même journée, il pose des mots sur des feuilles restées blanches trop longtemps. Il met en scène, avec l’équipe artistique de la compagnie Lieux-Dits, des paroles soudainement réanimées. L’aventure   épistolaire prend des aires de marathon quand on réalise le peu de temps à disposition. Auteur, comédiens, régisseurs plongent dans l’intimité des relations non dénouées et vivent une immersion accélérée dans les affres de la vie des autres.

Lettres non écrites from Théâtre Garonne on Vimeo.

La vie des autres… David Geselson met en lumière la puissance des relations humaines. Même si la douleur est latente, elle révèle souvent la richesse intérieure des gens. L’honnêteté de leur démarche et de leurs émotions. Mais aussi des mondes derrière le monde : que se cache-t-il dans le souterrain des apparences ?

La parole est donnée au peuple pour parler du peuple. Lorsqu’on fait discourir des individus de la société, ce sont des échantillons de l’humanité qui s’expriment. – Héritage du génocide nazi, émigration, douleurs d’un viol, inégalités, raisons du désamour, charges transgénérationnelles. – Fragments qui révèlent des enjeux alarmants de notre monde.

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Lettres non-écrites © C. Raynaud de Lage

Le décor met l’écriture au centre du processus : il faut faire une manipulation sur l’ordinateur pour imprimer les lettres directement sur scène. Elles naissent au centre du plateau, tout droit sorties d’une imprimante high-tech. La sobriété est reine : peu de couleurs, quelques bruitages métalliques semblent sortir des profondeurs d’un lieu désert. Peut-être un peu d’angoisses qui émergeraient dans un endroit désaffecté.

Et cette machination finale qui soulève un drapeau blanc composé d’autres lettres scellées les unes aux autres. Il se dresse comme le mur des lamentations mais celui-ci est spécial : il balaye les mots qui tombent comme les feuilles mortes de l’Automne. Pour laisser s’exprimer un amour brûlant où la parole n’a plus d’importance. Car cette dernière lettre est celle d’amoureux qui ne parlent pas la même langue, et qui n’ont pas besoin de mots…

Tendrement.

 

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