Le théâtre du Centaure

Cantique des Cantiques, théâtre du Centaure ©

La compagnie du Centaure existe depuis 1989 et habite à Marseille depuis 1995. Elle a été fondée par Camille et Manolo. Deux amoureux des chevaux qu’ils donnent en spectacle, toutes disciplines confondues. Théâtre, cirque et danse fusionnent et s’imprègnent des embruns méditerranéens.

Il s’agit là d’une utopie. Pour être plus précis, ils citent Michel Foucault qui créait le terme d’Hétérotopie. Cet autre (hétéro) lieu (topie) : une place qui n’existe nulle part ailleurs.

Le centaure est lui aussi un idéal, celui d’un être mi-cheval, mi-homme. Un mythe de symbiose. Pendant l’Antiquité grecque, ils étaient chevauchés par Eros, le dieu de l’amour ou tiraient le char de Dionysos, figure de la tragédie et de l’ivresse. Les centaures sont des êtres sauvages réputés indomptables. Ils portent en eux la fougue du vent et la folie du désir. Les mythes les convoquent pour leurs forces. Ils ont ce quelque chose qui les rend si magnétiques : fascinants, impressionnants, presque intouchables.

Une légende dit que le cheval est l’incarnation des anges sur Terre. Et d’aussi loin que remonte l’histoire, un mystère plane sur les liens qui l’unissent aux humains. Ils ont dû accompagner certains rois dans leurs sépultures, vers l’au-delà, après une vie de servitude. Leurs yeux sont doux et tragiques. Leurs gestes sont francs. Leurs rythmes n’ont pas de demi-mesures.

TransHumance, théâtre du Centaure ©

TransHumance, théâtre du Centaure ©

« Manifeste

Le centaure est un aveu: celui de notre incomplétude.

C’est aussi un cri d’alliance: quand tu regardes un centaure, tu vois une relation.

Je ne serai entier qu’en étant toi: le centaure est une promesse.

Je rêve d’un galop pour ma moitié humaine, je rêve d’une parole pour ma moitié animale: le centaure espère l’impossible, de toutes ses forces rassemblées; il interroge l’animal humain, déplaçant les frontières de soi aux frontière de l’autre: le centaure est un franchissement. » 

Camille et Manolo ont fondé un lieu idyllique. C’est un chapiteau qu’ils ont pensé par eux-même. Sa forme convexe et son ciel ouvert sont inspirés d’une architecture aussi universelle que personnelle. Les étoiles illuminent l’arène dont le mouvement circulaire n’a pas de fin. Ce sont aussi des roulottes confortables nourries de livres. Ce petit village, ce camps d’artistes à un aspect grimoire. Il semble abriter un savoir vieux comme le monde, un secret précieux comme la Terre. « Ici, on dit : je te présente la famille ». Ce sont deux dizaines d’êtres chevaux et cavaliers qui cohabitent. Pour beaucoup des étalons de sangs frisons, lusitaniens, espagnols, portugais, arabes dont Nuno, Graal, Darwin… Les terres du sud y sont enracinées avec toute la majesté et la tension qu’elles font naître.

La poésie du Centaure s’exprime de la tête aux sabots. Elle passe par l’être, le toucher, le galoper, le respirer, le humer, le parler… Là-bas, la poésie est un mode de vie.

Tendrement.

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