Halsey – hopeless fountain kingdom

Après un album magistral dénommé Badlands, un titre collaboratif pour la BO de Cinquante Nuances Plus Sombres (Not Afraid Anymore) et un featuring avec The Chainsmokers (Closer), Halsey revient avec l’album hopeless fountain kingdom, sorti sur Astralwerks le 2 juin dernier. L’album se veut aussi dense que varié, assorti de quelques featurings de renom (on y retrouve notamment Cashmere Cat), et se voit placé sous le signe de la pop intimiste, tantôt souriante tantôt écorchée vive, comme la jeune chanteuse.

Un album, 16 titres, mille émotions contraires et complémentaires à la fois. Voilà comment l’on pourrait résumer le dernier album de Halsey. Il commence en plantant majestueusement le décor (The Prologue), avant d’entrer dans le vif du sujet avec 100 Letters. Si nous avions été habitués avec elle aux sonorités essentiellement électro, cette fois ce sont les percussions qui prennent le dessus sur le rythme et les notes synthétiques. Sa voix est multiple, à la fois presque parlée, puis résonante, comme pourrait l’être la voix du conseil qui nous guide dans notre tête, puis puissante, nous emportant dans la calme tornade qui caractérise ce titre.

« He said please don’t go away
I said it’s to late »

Changement d’ambiance plus loin sur le chef d’oeuvre Sorry. Dans un duo piano-chant presque orchestral, c’est un des thèmes de prédilection de la chanteuse qui se voit exploité : l’amour. L’amour difficile, celui à côté duquel on passe parce qu’on n’est plus capable d’aimer.

« Sorry to my unknown lover
Sorry that I can’t believe
That anybody ever really starts to fall in love with me »

Plus loin, c’est le très court Walls Could Talk qui nous emporte. Dès son introduction, ce décalage entre les violons, les silences et le chant de Halsey hypnotise, car ce sont d’autres terres que les Badlands qui sont explorées dans ce one-shot faussement calme. On poursuit avec un autre titre très novateur : Don’t Play. Halsey n’a pas peur de perdre ses fans dans des constructions musicales travaillées, bien différentes des Castle ou des Colors qui ont été écoutés en boucle depuis leur sortie. Si son intro rappelle d’emblée les productions de Melanie Martinez, le rap qui s’ensuit ajoute une dimension inattendue au titre, à laquelle on ne s’attendait absolument pas. Et chaque seconde qui passe surprend pour le meilleur.

« I’m moving on
I’m getting paid
I’m on my own
I have some space to deal with it »

Et Halsey ne s’épuise pas : après Strangers, qui défend fièrement l’amour lesbien aux côtés de Lauren Jauregui, c’est le très écorché Angel On Fire qui donne des frissons grâce à ses sonorités rock et à la force des interprétations contraires que l’on peut faire de son texte. Magistral.

« I’m standing in the ashes of who I used to be »

Si Halsey soigne chacune de ses productions afin de les rendre personnelles et percutantes, il en va de même pour les clips qui accompagnent ses titres. Elle propose même parfois une version alternative de ses titres. Si elle avait pu le faire avec Colors quelques années auparavant, elle l’a récemment fait pour Eyes Closed, et il est impossible de dire quelle version surpasse l’autre !

Halsey est une jeune chanteuse américaine de 22 ans, de son vrai nom Ashley Nicolette Frangipane, et originaire de Clark, New Jersey. En formation en création littéraire, c’est en faisant des covers sur Youtube et en postant, plus tard, le titre Ghost sur son Soundcloud qu’elle signe chez Astralwerks, label qui a produit jusque là toutes ses productions personnelles. Se définissant elle-même comme biraciale, bi-sexuelle et bipolaire, les thèmes et questions qui gravitent autour de ces thèmes sont les sujets qui reviennent le plus dans ses titres.

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Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug. 

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