De Foudre et de Diamant au Musée Paul-Dupuy

Offrande de lampes au monastère de Shéchèn. Népal, 2004.©Matthieu Ricard

Vingt-quatre peintures tibétaines sont exposées depuis le 12 décembre 2016 à Toulouse. Cela fait plusieurs mois qu’elle jalonnent les murs colorés du musée Paul-Dupuy mais  elles ont été conçues bien avant. Fabriquées à partir du XVII ème siècle, elles illustrent des savoirs indiens arrivés au Tibet au VII ème siècle.

Étape par étape, de thangka en thangka nous en apprenons un peu plus sur le bouddhisme. Les thangkas sont de précieux rouleaux en toile de coton sur lesquels ont été dessinées des divinités. Ils aident à la visualisation et servent de support à la méditation. Par delà les rituels religieux, l’idéal de vacuité bouddhique inspire le quotidien de certains d’entre nous. La culture Orientale attise la curiosité des Occidentaux depuis les années soixante. Toutefois, l’intérêt des musées de province pour leur art est encore rare et le musée George Labit a fait preuve d’une grande modernité en intégrant ces ensembles à ses collections il y a quarante ans.

Entrée du musée Paul Dupuy

Entrée du musée Paul Dupuy

La spécialiste Marion Boyer a travaillé un an pour restaurer les thangkas. Une émission lui rend hommage et nous invite à poursuivre la visite. Elle parle de son travail avec passion et l’amour qu’elle porte pour ces oeuvres est contagieux. Son rôle est de faire revenir à l’admiration des peintures en souffrance. Dans la culture bouddhique, la retouche nécessite un rituel pour faire sortir la divinité résidant dans l’objet. Ce sont « des images sacrées, vivantes et habitées. » Lorsqu’elle répare ces icônes, elle les « ouvre » comme des livres pour comprendre la beauté des détails. Ainsi, elle rentre peu à peu dans l’esprit du peintre, jusqu’à sentir sa respiration. L’humilité dont elle fait preuve correspond aux enseignements qu’elle perfectionne sur le tissus…

Les principes racontés sur les cartels promettent des instants de grâce. Ils se lisent comme des manuscrits anciens. Au pays des neiges, le miroir est symbole de la conscience pure et de la vacuité. Le couperet tranche l’ignorance et les émotions négatives avec sagesse. La Târa blanche signifie « libératrice », elle transforme la passion en compassion et sagesse…

La partie dédiée aux photographies de Matthieu Ricard raconte aussi de belles histoires. Elles nous plongent dans le cœur des peuples de l’Himalaya. Celle d’une princesse séduite pas la beauté d’un lac. D’un jeune lamas reconnu comme l’incarnation d’un grand sage. Il nous parle d’amour altruiste, de compassion, de contemplation… Conquis?

La plaine de Jango Thang et le glacier du Jomolhari. Bhoutan, 2007. ©Matthieu Ricard

Des nuages de fumée d’encens s’élèvent au dessus de la plaine devant le monastère de Shéchèn , Tibet Oriental, 2002. ©Matthieu Ricard

Le Dalaï-Lama avec la jeune incarnation de l’un de ses principaux maîtres spirituels, Dilgo Khyentsé Rinpotché, Bodhgaya, Inde, 2000. ©Matthieu Ricard

Tendrement.

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