Bonnie Li – Plane Crash

Si Melanie Martinez s’était subitement mise à produire une musique dark pop abstraite aux accents expérimentaux, voilà ce qui aurait pu se passer. Sauf que Bonnie Li s’en est chargé avant. Et l’atypique duo n’en est pas à son coup d’essai : ils sortent le 3 novembre dernier après presque 7 ans d’absence leur deuxième EP, dénommé Plane Crash, sur le label au nom évocateur d’Icons Creating Evil Art. Préparez-vous à vivre une expérience multi-sensorielle, le genre d’expérience que l’on ne vit ni toutes les semaines, ni très souvent dans sa vie.

« Love me tender, she whispered in my ear »

Six titres dont un remix, ou l’essentiel pour découvrir entre douceur et mélancolie l’univers du groupe. L’EP commence avec le subtil et sombre Mallory. On reste hypnotisés, à la première comme à la deuxième écoute, par le grain de voix singulier de la chanteuse du groupe, soutenue par un piano brut, résonnant légèrement, entrant presque en interaction avec l’environnement qui nous entoure. Après avoir fait attention au doux équilibre piano-voix et aux silences qui ponctuent la musique, nos oreilles s’arrêtent sur les paroles, et nous sommes surpris d’entendre qu’une histoire nous est racontée presque à la manière d’un conte, contemporain, torturé, macabre.

On poursuit avec le torturé Accident. Cette fois, le piano laisse place à l’expérimentation électronique, aux dissonances éparses dignes de thrillers horrifiques. Cependant, la voix de la chanteuse se perd en échos et arabesques lyriques sur les refrains, avant de revenir à son timbre grave sur les couplets, rencontré dans le titre précédent.

Le diptyque Escape (l’original, suivi de son remix par Al’Tarba) prolonge ces instants de mélancolie, poussant plus loin encore les expérimentations instrumentales. On reprend notre souffle avec We should go to sleep as the Birds are singing, titre dans lequel la voix se fait à la fois brute et multiple. Enfin, I want to run with the Wolves conclut notre épopée cinématique, en un véritable crescendo, bien que la musique ne se soit jusque-là jamais faite aussi minimaliste sur leur EP.

On en profite pour vous partager une des illustrations visuelles qui accompagnent cet EP. Si la musique de Bonnie Li est résolument cinématographique, on vous laisse apprécier ce court métrage, accompagnant à merveille à la fois le titre et tout l’univers de leur mini-album.

Bonnie Li est un duo de musiciens venus, comme ils se décrivent eux-mêmes, de Hong-Kong, Paris et Berlin. Evoluant dès le départ sur une musique oscillant entre le downtempo, le trip-hop torturé et la dark pop expérimentale, ils nous livrent aussi bien via leur titres, leurs clips et leurs lives une expérience musicale hors-norme, inclassable, unique.

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Tendrement,
Cloé Gruhier,
Le Beau Bug.

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