AVA de Léa Mysius

Avec Ava, la jeune réalisatrice Léa Mysius signe un premier long métrage. Une initiative réussie qui emmène le spectateur dans un teenage movie noir.

Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l’océan lorsqu’elle apprend qu’elle perdre progressivement la vue. Tandis que sa mère décide d’ignorer le problème, Ava l’affronte à sa manière en volant le chien d’un ténébreux garçon en fuite…

Dès la scène d’ouverture, un grand chien noir se balade le long de la plage attire instinctivement l’œil. Une première scène rappelant les vacances de famille annonce la couleur au centre du film. En contrastant avec les tonalités colorées légèrement saturées d’un été en bord de mer, la couleur noire bénéficie d’un traitement particulier. Une attention d’apparence anodine qui entre en résonance avec l’héroïne lorsque celle-ci se retrouve coupée du monde par sa dégénérescence de la vue. 

La jeune Noée Abita est éblouissante dans son rôle d’adolescente en quête d’émancipation, en conflit perpétuel avec sa mère malgré l’amour sincère qui les lie. Ava nous parle de liberté, celle des corps, de la morale et mais aussi celle de la sexualité. Des thématiques très soixante-huitarde mais qui demeurent profondément actuelle, à mi-chemin entre Into the Wild de Sean Penn et Et Dieu … créa la femme de Roger Vadim

Dévoilé à Cannes et récompensé par le prix SACD, ce film riche est une ode à l’aventure d’une jeune adolescente en quête de sens(ations) qui confirme le talent de sa réalisatrice et révèle le potentiel de sa jeune actrice. C’est avec un plaisir que l’on se laisse transporter le long de la mer pour une histoire d’amour rythmée de sonorités latines et par la superbe chanson Sabali d’Amadou & Mariam, encore des aveugles ?!

Réalisateur : Léa Mysius
Interprète : Noée Abita, Laure Calamy, Juan Cano
Nationalité : Français
Date de sortie : 21 juin 2017
Durée : 1h45

Tendrement,
Le Beau Bug

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