Autour du Nouveau Réalisme au Musée des Abattoirs de Toulouse

Portrait-relief d'Arman, Yves Klein, 1962

C’est les quarante ans du centre Pompidou et les Abattoirs de Toulouse participent aux festivités! Vingt grands noms du Nouveau Réalisme, dont Arman, César, François Dufrêne, Yves Klein, Martial Raysse, Jean Tinguely, ont été regroupés pour cette occasion…

Daniel Spoerri était présent pour l’ouverture de l’exposition ce jeudi 2 février. Les visiteurs ont pu profiter de sa venue pour rencontrer une figure du Nouveau Réalisme et écouter son témoignage exclusif. Une chance inouïe de découvrir un mouvement historique de l’art initié il y a plus de cinquante ans.

En octobre 1960, le critique d’art Pierre Restany réunissait des artistes autour de l’idée d’un « recyclage poétique du réel urbain, industriel, publicitaire ». L’art se ressaisissait du réel et des moyens de créations dans une nouvelle société de consommation, dans un contexte intense d’industrialisation. Ils s’emparaient de la réalité avec laquelle l’abstraction d’après guerre avait rompu. L’objet et le geste ont fait partie intégrante de leur travail et ancrent ce dernier dans la matière. Il y a une volonté concrète de témoigner de leurs environnements à un moment où les arts académiques n’étaient plus une référence.

La nef la sculpture mobile de Tinguely

La nef des Abattoirs abrite, entre autre, une sculpture en mouvement de Tinguely. Nous découvrons dans les pièces adjacentes le bleu légendaire de Yves Klein. Mais aussi les nanas, les tires de Nicky de Saint Phalle… Le mouvement, les couleurs et les matières ont été rythmées de films documentaires. Comme des témoins, ils remettent les oeuvres dans leur contexte historique de création.

Au sous-sol, Daniel Spoerri expose des « oeuvres de collections. » Artiste, mais aussi collectionneur, il créé avec des objets venus du monde entier. C’est un voyage dans les mythes, les traditions, un slalom entre art et anthropologie. « Les dadas des deux Daniels » est un savant cabinet de curiosité où les pièces de Daniel Cordier ont aussi été conviées.

L’étage du musée résonne avec la trame historique des deux niveaux inférieurs. Plusieurs artistes contemporains ont été réunis pour faire écho à la démarche des nouveaux réalistes. Présence PanchounetteJoël Andrianomearisoa, Tomaž Furlan et bien d’autres noms détiennent aussi les clés de lecture d’une société qui fait référence aux enjeux matériels actuels.

C’est dans ce lieu emblématique de la ville rose que les époques se rencontrent. Ces anciens abattoirs agencés comme une église sacralisent un mouvement pionnier de l’art contemporain. C’est un hommage aux avant gardes du XX ème, à ceux qui influencent encore l’art d’aujourd’hui.

Tendrement,
Le Beau Bug

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