American Gangster de Ridley Scott – 2007

« Le Roi est mort, vive le Roi ! » Oui mais lequel ?

Tout amateur de Game of Thrones pourra vous confirmer que lorsqu’un roi décède sa succession est loin d’être un long fleuve tranquille et que la meute de loups est prête à tout pour tirer son épingle du jeu et s’assoir sur le trône encore chaud du défunt Roi.

Au début des années 70 à New York, Frank Lucas vient de passer vingt ans dans l’ombre du Parrain noir de Harlem, Bumpy Johnson, qui en a fait son garde du corps et son confident. Lorsque ce dernier succombe d’une crise cardiaque, Frank doit s’affirmer et révéler son leadership pour montrer qu’il est le digne successeur du Roi de Harlem.

A la différence des gangsters et des films de gangsters habituels, en particulier new yorkais, l’organisation de ce gang repose sur une vraie famille et non sur une famille d’origine comme on en a l’habitude dans la filmographie de Martin Scorsese. De même, Frank (Denzel Washington) n’est pas un gangster arrogant, impulsif et forcément violent mais un homme prudent qui n’agit que de façon réfléchie, jurant ainsi avec les malfrats de l’époque.

En nous présentant des codes différents de ceux que l’on voit habituellement, le film parvient à nous livrer une histoire captivante et à aucun moment le spectateur n’a le sentiment de retrouver un milieu qu’il connait déjà.  Il s’agit de la force principale du film car l’absence de déjà vu cultive l’intrigue jusqu’au terme du long métrage.

Il ne s’agit bien évidemment pas d’une originalité voulue par Ridley Scott ou par le scénariste puisque American Gangster retrace l’histoire vraie de Frank Lucas mais le fait d’avoir accentué ces particularités est un choix judicieux de la part du réalisateur.

Autre choix judicieux, celui d’avoir casté Denzel Washington pour le rôle principal. Son calme et son sang froid, déjà visibles trois ans plus tôt sous la caméra du frère de Ridley, Tony Scott, dans Man on fire, faisait de lui le candidat idéal pour incarner un gangster discret et rompu aux affaires.

S’il y a un méchant il y a également un gentil. Il est ici incarné par Russell Crowe dans le rôle de l’inspecteur Richie Roberts, policier intègre au coeur d’une ville pourrie par la corruption comme on avait déjà pu le voir avec Serpico de Sidney Lumet. Si l’on cherche un acteur caméléon on ne pense pas forcément à Russel Crowe en premier lieu. Pourtant, depuis 30 ans, ce costaud néo-zélandais a su se glisser avec brio dans tous les rôles qu’on a pu lui confier, nous montrant ainsi l’étendu de son talent et il n’est donc pas anodin que Ridley Scott lui ait une nouvelle fois confié un rôle majeur (3e collaboration sur 5 au total entre les deux hommes).

Passionné par les gangsters italiens de l’univers de Scorsese, éternels méchants du cinéma américain, j’ai eu le sentiment de redécouvrir le genre et j’en fus encore plus étonné venant d’un cinéaste surdoué pour les péplums.

Il s’agit d’un classique. Vous ne l’avez pas vu ? Il est temps.


Titre original : American Gangster
Réalisation : Ridley Scott
Date de sortie : 14 novembre 2007
Acteurs : Russell Crowe, Denzel Washington, Chiwetel Ejiofor
Genre : Drame, Policier, Biopic
Durée : 157 minutes
Bande annonce :

Tendrement,
Le Beau Bug

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