All Elements, les milles et une merveilles

©Jean-François Quais, All Elements au Festival A Corps de Poitiers

Le hall des Abattoirs de Toulouse est plein à craquer. Le soir du 21 octobre 2017, le musée accueille une occurrence qu’il connaît peu : la clôture de la semaine de l’étudiant. L’ambiance est à la fête et fait entendre un brouhaha qui raisonne de part et d’autre de l’espace. Il fait sombre, pour ne pas dire noir. Seul le projecteur dessine un cercle lumineux au sol, en guise d’espace scénique. Difficile de se faire une place, de capter l’attention d’un public venu pour faire la fête et pourtant…

Même si le groupe n’est pas au complet, qu’ils dansent à sept ou à vingt-cinq, le collectif All Elements est amour. Le corps est si présent, que la pensée s’oublie parfois. Et ici, l’amour et le corps c’est la sensualité. Livrés à eux-mêmes, quand ils ne font pas le spectacle chorégraphié par Heddy Maalem, sans garde-fou, c’est le charnel qui domine. Ils se frôlent, s’étreignent, se regardent. Transpiration – respiration – œil perçant. Et croiser un de leurs regards, c’est déjà goûter à leur jeu interdit.

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©Jean-François Quais, All Elements au Festival A Corps de Poitiers, avril 2017

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©Jean-François Quais, All Elements au Festival A Corps de Poitiers, avril 2017

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©Jean-François Quais, All Elements au Festival A Corps de Poitiers, avril 2017

Matéo dans tout ça c’est un peu le saxophoniste de la situation. Lui aussi danse comme il peut. Son instrument serré contre lui, il parvient quand même à faire corps avec le groupe. Très jazzy, parfois orientalisant, il permet l’ambiance hypnotique, mystique. Et sa voix… Un peu poète, mais surtout très juste, il chante là où ça vibre.

Quant à la contrebasse, elle, fend l’air. Elle est cette ombre qui passe, cette énigme qui plane. A pas de chat, elle ouvre la porte au suspens. Son son grave et rassurant se plaque aux mouvements, elle ralentit les battements du cœur. Contrairement aux percussions qui accélèrent toujours le rythme. La batterie n’a pas le temps, son musicien galvanise le spectacle. Parfois même, il réunit les danseurs sur le même tempo.

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©Jean-François Quais, All Elements au Festival A Corps de Poitiers, avril 2017

Tout converge vers un Ailleurs : les mélodies, les mouvements, les couleurs de peaux ont d’autres racines. Dans leurs imaginaires, il n’y a pas de frontières. On passe du rap aux chuchotements, de la transe au hip-hop, de la poésie au vacarme… Mille et une passions s’harmonisent en un paysage imaginaire.

Et tous, dansent, jouent, créent de concert, jusqu’à ce qu’un « chut » effleure la scène. Sinon, ils auraient continué – nous serions restés là – à les regarder – toute la nuit. Ensemble…

Ce soir là, nous avons été plusieurs à comprendre qu’improvisation rime avec fusion.

Tendrement.

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